Anesthésie présidentielle

05 Mai, 2018
Par fsspx.news
news-header-image

Le 9 avril 2018, les évêques de France recevaient au Collège des Bernardins, à Paris, le président de la République, Emmanuel Macron. Soirée placée sous le signe du « dialogue », où la langue de bois politique répondait à la langue de buis ecclésiastique. Au programme : euphémismes, poncifs, non-dits et sous-entendus.

Le chef de l’Etat déclara aux prélats : « la voix de l’Eglise, nous savons au fond – vous et moi – qu’elle ne peut être injonctive », – autrement dit : on peut l’entendre, mais elle ne saurait avoir la prétention d’être écoutée et encore moins suivie. Emmanuel Macron prêcha même aux évêques la vertu de « l’humilité du questionnement ». Concrètement, les catholiques seraient bien inspirés de ne s’opposer au prochain projet de loi sur la procréation médicalement assistée, que par des marches blanches et des défilés silencieux, et non par une nouvelle « Manif pour tous » bruyante, manifestement assourdissante.

Pour plus de clarté, le président de la République a affirmé : « Mon rôle est de m’assurer que chacun de nos citoyens ait la liberté absolue de croire comme de ne pas croire, mais je lui demanderai de la même façon et toujours, de respecter absolument et sans compromis aucun, toutes les lois de la République. » La laïcité étant une « règle d’airain » qui impose « une liberté de conscience absolue », – absolue, c’est-à-dire au-dessus de la loi naturelle et divine : l’ego contre le credo. Et les évêques ont salué les propos présidentiels avec des applaudissements fervents.

Cependant La Croix écrit, d’une plume prudente, que l’orateur « a semblé préparer les catholiques à ce que certaines de leurs aspirations soient déçues ». En fait, il voulait administrer un sédatif à des auditeurs déjà anesthésiés par la « liberté religieuse » et chloroformés par la « laïcité positive ».

Les évêques français, priés de ne pas se réveiller, sont conduits en ambulance. Or, chacun le sait, on ne tire pas sur une ambulance surtout si, en route, elle risque de se transformer en véhicule funéraire.

L’autre soir, dans l’ambiance aseptisée du Collège des Bernardins, l’auditoire mitré semblait sous influence hypnotique. On attend que les patients soient admis en service de réanimation.

Abbé Alain Lorans