Après la Correctio, une Laudatio

28 Octobre, 2017
Provenance: fsspx.news

Après la Correctio filialis rendue publique le 23 septembre 2017, le groupe “Pro pope Francis”, formé essentiellement de théologiens progressistes du monde germanophone, a lancé une lettre ouverte sur internet. Les signataires entendent exprimer ainsi leur reconnaissance au pape François pour son « courage » et son engagement fondé sur une théologie solide, à leurs yeux.

« Dieu et la miséricorde de Dieu, écrivent-ils à François, caractérisent l’attitude pastorale que vous attendez de l’Eglise. Vous rêvez d’une Eglise maternelle et pastorale. Nous partageons votre rêve. »

L’historien Roberto de Mattei, qui a signé la Correction filiale, s’interroge sur la qualité des signataires de la Laudatio : « L’un d’entre eux, l’allemand Mgr Fritz Lobinger, évêque émérite d’Aliwal (Afrique du Sud), est le “père” de l’expression “prêtres de communauté” qu’il a exposée dans le livre Teams of Elders. Moving beyond Viri probati (2007) dans lequel il souhaite l’admission dans l’Eglise de deux types de prêtres : les prêtres diocésains et les prêtres de communauté, les premiers célibataires, à temps plein, et les seconds mariés, avec une famille, à la disposition de la communauté dans laquelle ils vivent et travaillent.

« Un autre signataire, le Père Paul Zulehner, disciple de Karl Rahner, est également connu pour sa fantaisiste “Futurologie pastorale” (Pastorale Futurologie, 1990). En 2011, il appuya l’ “appel à la désobéissance” lancé par 329 prêtres autrichiens en faveur du mariage des prêtres, de l’ordination sacerdotale des femmes, du droit pour les protestants et les personnes mariées divorcées de recevoir la communion, et du droit des laïcs de prêcher et diriger les paroisses. 

« Martin Lintner est un religieux servite de Bolzano, professeur à Bressanone et président de l’Insect (International Network of Societies for Catholic Theology). Il est connu pour son livre La redécouverte d’Eros. Eglise, sexualité et relations humaines (2015), dans lequel il propose une ouverture à l’homosexualité et aux relations extraconjugales, ainsi que pour son accueil enthousiaste d’Amoris lætitia, qui marque à son avis “un point de non-retour” dans l’Eglise. En effet, “nous ne pouvons plus affirmer qu’il y a aujourd’hui une exclusion catégorique des sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation pour ceux qui, dans la nouvelle union, ne s’abstiennent pas de rapports sexuels. Il n’y a aucun doute là-dessus, à partir du texte même d’Amoris lætitia”. (Entretien du 5 décembre 2016 sur le site settimananews.it) »
 

Dans la liste des signataires de la Laudatio, on peut également noter la présence de Martha Heizer, responsable autrichienne du mouvement ultra-progressiste Wir sind Kirche (“Nous sommes l’Eglise”) ; elle a été excommuniée avec son mari par Benoît XVI, le 21 mai 2014, pour avoir organisé des “eucharisties privées”, autrement dit des messes sans prêtres “célébrées” à leur domicile. Le mouvement est connu pour ses prises de position contre le célibat sacerdotal et pour une attitude positive vis-à-vis de la sexualité, y compris l’homosexualité.

C’est avec raison que R. de Mattei fait le commentaire suivant : « Il est clair à ce stade que la division profonde qui traverse l’Eglise n’est pas entre les détracteurs et les partisans du pape François. La ligne de fracture sépare ceux qui sont fidèles au Magistère immuable des papes et ceux qui s’en remettent au pape François pour poursuivre le “rêve” d’une nouvelle Eglise, différente de celle fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ. »