Compostelle s’invite au Paraguay

01 Mars, 2019
Provenance: fsspx.news

Mettre en place un chemin des missions jésuites du Paraguay, à l’instar du pèlerinage de Compostelle : telle est l’idée lancée par le gouvernement d’Asuncion et rendue publique le 14 février 2019. 

« Nous souhaitons créer une route, un chemin des Jésuites afin d’unir les 30 villages, avec des pèlerinages, des marches, des événements touristiques en s’inspirant des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle », a annoncé le porte-parole du secrétariat paraguayen au Tourisme, Benjamín Chamorro, à l’AFP, le 14 février 2019. 

Plusieurs villages fondés par les jésuites ont traversé les siècles, tels San Ignacio Mini, en Argentine, et La Chiquitania, près de Santa Cruz, en Bolivie, en pleine forêt vierge. 

La mission de San Ignacio Mini est célèbre pour avoir inspiré le film « Mission » de Roland Joffé : fondée en 1697, cette réduction guarani a compté à son apogée 3000 habitants. Elle survit un demi-siècle à l’expulsion des jésuites, avant d’être finalement détruite. 

En apportant le Christ aux Guaranis, les jésuites ont doté les indiens d’une organisation à la fois spatiale, économique et sociale, des plus adaptée à leur milieu de vie : fermes, plantations de maté, réseau de sentiers et de voies navigables s’étendant autour du fleuve Uruguay et de ses affluents. 

Ce système est appelé réduction car il comprenait des structures plus petites, ayant des potentiels distincts et complémentaires, destinées à assurer les fonctions de base des grands établissements. 

Ces missions jésuites encouragées jadis par l’Eglise, étaient destinées à donner un cadre de vie communautaire et social aux indigènes, pour les préparer à affronter sereinement les échanges avec la culture occidentale. Ainsi que pour les mener à un développement harmonieux et à les protéger des appétits déréglés de certains colonisateurs. Les jésuites firent de même pour les Amérindiens de la côte Est des Etats-Unis. Cela contredit singulièrement la légende noire de missionnaires imposant leur foi et leur mode de vie, tout en épuisant les ressources locales.