France : Jubilé du Combat de la foi (1968-2018)

21 Septembre, 2018
Par fsspx.news
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Abbé Louis Coache (1920-1994) à Saint-Nicolas du Chardonnet.

Une journée en l’honneur du « bon combat de la foi » (1 Tm 6, 12), se tiendra le dimanche 23 septembre 2018 au Prieuré du Moulin du Pin, à Beaumont-Pied-de-Bœuf (53), légué à la Fraternité-Saint-Pie X par l’abbé Louis Coache. La messe solennelle sera célébrée par l’abbé Benoît de Jorna, supérieur du district de France, à 10h45. Suivie d’un verre de l’amitié et du repas « tiré du sac ». A 15h aura lieu la conférence de l’abbé Guy Castelain, prieur du Moulin du Pin.

Qui est l'abbé Coache ? 

Dans son exposé Un terreau fertile : La Tradition en France avant la Fraternité Saint-Pie X (1958-1976), l’abbé Grégoire Celier écrit : « Il est presque impossible de comprendre la vitalité du traditionalisme en France sans évoquer la figure de l’abbé Louis Coache (1920-1994), qui est au cœur des principales initiatives de résistance face au raz de marée de la révolution conciliaire. Ordonné en 1943 pour le diocèse de Beauvais, docteur en droit canonique, l’abbé Coache est nommé en 1958 curé de Montjavoult (près de Gisors, à l’extrême sud-ouest du département de l’Oise). Depuis 1955, devant les ravages grandissants du progressisme, il prend des notes en vue d’un ouvrage sur ce sujet. Mais le déferlement de « l’esprit du Concile » rend cet ouvrage beaucoup plus urgent, en sorte qu’à Noël 1964, l’abbé Coache envoie à ses confrères du diocèse de Beauvais une Lettre d’un curé de campagne à ses confrères. Le 8 septembre 1965, paraît une Nouvelle lettre d’un curé de campagne, qui connaît une diffusion beaucoup plus importante. La même année est publié à la Table ronde, sous le pseudonyme de Jean-Marie Reusson, un ouvrage intitulé La foi au goût du jour. (…)

« Le curé de Montjavoult ne se voulant pas un écrivain, ses brochures auraient dû trouver un écho limité. Mais, dans la débâcle de la foi, les catholiques fidèles donnent un retentissement très important à ces modestes écrits. Encouragés par cette voix audacieuse, des prêtres se ressaisissent, entrent en contact, des laïcs se regroupent, bref, la résistance traditionnelle commence à se mettre en place.

« A cette époque, si l’abbé Coache est déjà très mal vu par son évêque, sa situation canonique est parfaitement régulière et il n’a encore entrepris, en dehors de ses écrits, aucune action susceptible de la mettre en cause. La situation va changer radicalement le 28 février 1968. Ce jour-là, l’abbé Coache, qui a prévu dans sa paroisse une manifestation eucharistique solennelle à l’occasion de la Fête-Dieu, pour la clôture de l’Année de la Foi, envoie à Mgr Desmazières une invitation à venir présider cette cérémonie. L’évêque de Beauvais, qui n’attend qu’une occasion pour faire barrage à l’abbé Coache, engage immédiatement les hostilités. Il lui répond deux jours plus tard en lui demandant un acte explicite de soumission. La réponse de l’abbé Coache ne l’ayant pas satisfait, il lui intime le 19 mars l’ordre de cesser toutes ses publications et de décommander la manifestation eucharistique. 

« Devant cette attitude, l’abbé Coache décide de saisir les tribunaux romains pour obtenir justice. C’est le début d’une longue et tortueuse procédure : pas moins de 80 lettres seront échangées entre l’abbé Coache, Mgr Desmazières et les autorités romaines (cardinal Wright, Mgr Palazzini, cardinal Seper, cardinal Villot, etc.). C’est seulement le 10 juin 1975 qu’une commission cardinalice approuve officiellement la destitution de l’abbé Coache par l’évêque de Beauvais. Le curé accepte de se soumettre à la décision romaine, comme il l’a proclamé par avance, et quitte le presbytère de Montjavoult où il continuait à résider, pour se retirer à la Maison Lacordaire, à Flavigny, qu’il a acquise entre-temps. Mais, durant toutes ces années, les processions de la Fête-Dieu à Montjavoult ont été l’un des grands rendez-vous annuels du traditionalisme. 

« En février 1968, l’abbé Coache fonde le Combat de la Foi, un bulletin mensuel destiné à relayer son action. Mais surtout, il rédige, avec l’aide du père Noël Barbara, l’œuvre qui va avoir la plus grande influence dans la constitution du traditionalisme : le très célèbre Vade-mecum du catholique fidèle. La diffusion de cette courte brochure, qui rappelle les points essentiels concernant la prière, la confession, la communion, la messe, les lectures, le catéchisme, la presse catholique, la morale, est un véritable raz de marée. Publiée à la fin de 1968 par l’imprimerie Ferrey, il s’en est déjà écoulé 150 000 exemplaires à la fin de janvier 1969. En 1975, la quatrième édition (toujours disponible aux Editions de Chiré) porte le chiffre total du tirage à 360 000 exemplaires, chiffre énorme si l’on y prête attention.

« Ce qui fait la valeur de ce Vade-mecum, outre les précieux conseils qu’il contient, ce sont les noms des 400 prêtres qui ont signé la première édition (d’autres les rejoindront ensuite), dessinant ainsi la carte de France de la fidélité catholique. Il prend toute sa mesure surtout à partir de l’introduction, en 1969, de la “Nouvelle Messe”, que l’abbé Coache rejette sans retard et publiquement. (…) De l’abbé Coache, il faut encore citer de nombreuses actions. Mais surtout, l’abbé Coache est un élément capital (sous la direction de Mgr Ducaud-Bourget) de la reprise et du maintien dans la Tradition de l’église Saint-Nicolas du Chardonnet ».