Irak : une église re-consacrée dans la plaine de Ninive

28 Décembre, 2017
Provenance: fsspx.news

Profanée et partiellement détruite par les djihadistes, l’église chaldéenne Saint-Georges de Telskuf, dans le nord de l’Irak, restaurée, a été re-consacrée le 8 décembre 2017 par Mgr Bachar Matti Warda, archéparque d’Erbil des chaldéens, a notamment déclaré : « Daech voulait éradiquer la présence chrétienne. Mais ce sont les djihadistes qui sont partis et nous sommes revenus », rapporte l’Aide à l’Eglise en détresse (AED). 

Pour Mgr Warda, la réouverture de l’église sera une forte incitation au retour des chrétiens à Telskuf : « Les deux tiers de la population sont déjà revenus, il fallait donc un signe clair que l’Eglise aussi recommence ses activités », a-t-il expliqué. Et « l’église est encore plus belle et glorieuse qu’avant », a-t-il souligné.

L’édifice a été reconstruit grâce à une contribution de 100.000 euros de l’AED dans le cadre du plan de reconstruction des villages chrétiens de la plaine de Ninive mené par l’œuvre d’entraide. Les dernières statistiques de l’AED, du 5 décembre 2017, annoncent que 6.330 familles sont revenues sur place. Et précisément à Telskuf, situé à 32 kilomètres de Mossoul, 67% des 1.500 familles qui y vivaient à l’arrivée des djihadistes en août 2014, sont déjà rentrées. Il s’agit du taux de retour le plus élevé dans la plaine de Ninive. Une telle réussite était inimaginable il y a encore un an, alors que le village était à moitié détruit et complètement laissé à l’abandon, note l’AED. L’église Saint-Georges portait encore les traces de sa profanation, avec une statue de la Vierge Marie décapitée.

Pierre Banon, étudiant parisien, de retour d’une mission caritative à Telskuf en août 2017, rapportait dans un entretien que l’on peut lire dans Nouvelles de Chrétienté n°167 (septembre-octobre 2017) : « Nous avons eu l’occasion d’aller au sud de Telskuf dans un village entièrement détruit. Seule l’église est restée debout, à la demande des kurdes. Et c’est là que les djihadistes se réfugièrent lors des combats de libération, où ils ont sauvagement détruit tous les signes chrétiens, croix, autel, statues… rien n’a été épargné à l’intérieur. Lorsque vous entrez dans l’église vous avez un vrai choc, c’est très impressionnant. Mais la grande consolation est de voir ces chrétiens d’Orient remettre en premier lieu une croix, un autel et d’y célébrer une messe de réparation ».