La vie monastique, ses principes essentiels

21 Mars, 2018
Par fsspx.news
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Les éditions Parthénon viennent de publier un ouvrage sur la vie monastique écrit par Dom Maur Wolter (1825-1890), moine bénédictin fondateur de la congrégation de Beuron (Land de Bade-Wurtemberg) et restaurateur du monachisme en Allemagne.

L’abbaye de Beuron des chanoines augustins (près de Sigmaringen), après sa suppression et sa sécularisation en 1802, à la suite de la conquête française, fut dévolue à la branche catholique des Hohenzollern. En 1863 la princesse Catherine de Hohenzollern-Siegmaringen en fit don aux deux frères moines Maur et Placide Wolter (1828-1908) afin d’y instaurer la vie bénédictine. Dom Maur sera le premier abbé de Beuron (1868-1890) et le premier archi-abbé de la congrégation de Beuron (de 1873 à 1890) ; Dom Placide sera le premier prieur (1874-1876) et le premier abbé (1878-1890) de l’abbaye de Maredsous, en Belgique, fille de Beuron.

La florissante congrégation bénédictine de Beuron a particulièrement contribué à ranimer la vie monastique, la liturgie et le chant grégorien en Allemagne. En 1864, à l’occasion du 600e anniversaire de sainte Gertrude (1256-1301), Dom Maur Wolter publia ses Exercices spirituels. Il s’y attache à présenter la restauration de la vie spirituelle fondée sur la liturgie, entreprise en France par l’abbé de Solesmes, Dom Prosper Guéranger (1805-1875).

A la veille du premier Concile du Vatican (8 décembre 1869 - 20 octobre 1870), Dom Wolter, désireux de renforcer la cause des bénédictins, demanda à Dom Guéranger de l’aider à mettre sur pied une confédération, et de définir les éléments essentiels de la vie monastique. Toutefois, selon le restaurateur de la vie bénédictine à Solesmes, « ce qui fait la force des jésuites, fera notre danger. Chaque famille monastique prend la physionomie du pays où elle s’établit. Les abbayes ferventes et florissantes grandissent d’elles-mêmes ; les autres ne se réforment pas par simple voie d’autorité ». Et « le jour où nous serons doués de centralisation sera le jour où toute réforme deviendra impossible », ajouta-t-il. Par amitié pour Dom Wolter, qui vint le voir en mai 1869, il consentit cependant à définir les bases de ce qu’il appela une « union fraternelle » des monastères, en insistant pour que fût respectée l’autonomie familiale voulue par saint Benoît.

Ce livre permet ainsi de mieux saisir l’esprit de saint Benoît et de connaître les traditions de son ordre. Dom Maur Wolter y dégage la pensée du saint législateur sur le caractère et les éléments constitutifs d’un monastère bénédictin : la vie conventuelle ayant à sa base un but surnaturel, l’office divin avec l’obligation du chœur, la communauté de vie avec la pratique individuelle de la pauvreté, la mortification, le travail imposé par l’obéissance, les œuvres de charité ou de zèle, le gouvernement monastique.

L’exposé d’une netteté remarquable, d’une profondeur de doctrine, d’une grande élévation de pensée, constitue un programme bien défini de la vie monastique. Cet ouvrage sera profitable aussi bien aux religieux qu’aux fidèles qui désirent approfondir ou découvrir la vie monastique, résumée par Dom Wolter dans la formule abrégée Ora et labora. Il l’avait élaborée en synthétisant un apophtegme connu au XIe siècle chez les chartreux, mais dont la portée était explicitement différente.

Dom Maur Wolter, La vie monastique - ses principes essentiels, éditions Parthénon, 188 pages, 11 x 17,8 cm, 13 € – 06 12 39 18 46 – éditions-parthenon.com

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L’abbaye de Beuron des chanoines augustins, dans le sud de l'Allemagne.