Les difficultés soulevées par la renonciation de Benoît XVI

01 Mars, 2019
Provenance: fsspx.news

« La renonciation de Benoît XVI était valide, et Jorge Bergoglio a régulièrement été élu au souverain pontificat » : telle est, en substance, la réponse apportée par les cardinaux Raymond Burke et Walter Brandmüller, ainsi que par Mgr Georg Gänswein, à ceux qui mettent en doute la légitimité du pape François. 

Le préfet de la Maison pontificale a tenu à faire une mise au point par une lettre du 11 février 2019 : « il ne saurait y avoir qu’un seul pape légitimement élu et en fonction : tel est le pape François. Amen ». « J’ai déjà levé à plusieurs reprises cette ‘ambiguïté’ », écrit-il encore : « insister là-dessus n’a aucun sens et ne mène à rien ». 

Les cardinaux Brandmüller et Burke sont allés dans le même sens : « la renonciation de Benoît XVI était valide et l’élection de François aussi, c’en est assez ! », a répondu sèchement à Lifesite, l’ex-président du Comité pontifical des sciences historiques. « Pour moi, il est clairement établi que le pape Benoît était en pleine possession de ses moyens au moment de sa renonciation, et qu’il avait vraiment l’intention de renoncer à son ministère », conclut Mgr Raymond Burke. 

Benoît XVI n’est pas le premier pape à avoir renoncé à sa charge. Mais les conditions qui ont entouré cette abdication sont en revanche tout à fait inusuelles. D’abord par le titre de « pape émérite », source de confusion. Emérite désigne en effet « celui qui, ayant exercé un emploi pendant un certain temps, a pris sa retraite et jouit des honneurs de son titre ». Mais un pape abdicataire peut-il jouir d’honneurs réservés au Souverain Pontife régnant ? 

Le port de la soutane blanche semble également inapproprié. Enfin la présence de « l’émérite » dans les murs du Vatican ne peut qu’aggraver cette confusion. Et il ne manque pas de mécontents vis-à-vis de François qui lorgnent vers le logement de Joseph Ratzinger avec espoir, esprit de fronde, nostalgie ou dépit. 

Il reste que ce geste risque de faire des émules – le pape régnant ayant déjà parlé d’une renonciation possible –, et qu’à l’heure où tous les autres degrés de la hiérarchie se voient assigner un « âge de la retraite », il peut inciter à aligner la fonction pontificale sur cette nouvelle disposition. Ce qui serait attaquer de manière frontale la constitution de l’Eglise, mais aussi permettre la formation d’un corps de « papes émérites », réservoir de candidats dont certaines tendances schismatiques pourraient profiter, même malgré eux.