Congrégation pour le clergé : l’heure du recentrage

21 Avril, 2017
Provenance: fsspx.news
Le sanctuaire de Lourdes.

Les grands sanctuaires ne dépendront plus de la Congrégation pour le Clergé, mais du Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation. Le pape François réalise ainsi un important transfert de compétence qu’il convient d’analyser.

Le Saint-Siège a rendu public au tout début du mois d’avril le Motu Proprio « Sanctuarium in Ecclesia  », signé le 11 février dernier, jour de la fête des apparitions de Notre-Dame à Lourdes. Par ce document, le Saint-Père confie au Conseil Pontifical pour la Nouvelle Évangélisation la responsabilité des sanctuaires internationaux. Ce nouveau dicastère a été fondé par Benoît XVI en 2013, et c’est actuellement Mgr Rino Fisichella qui en assure la présidence : il se voit ainsi confié certains lieux de pèlerinage parmi les plus populaires : Lourdes, Fatima, Czestochowa, Pompéi, Lorette, Padoue et San Giovanni Rotondo. 

Mgr Fisichella, interrogé par Radio Vatican, voit dans cette décision un pas de plus dans la réforme de la Curie romaine entreprise par le pape depuis le début de son pontificat. Ce transfert de compétence se justifie, selon le prélat, par le fait que, parmi les millions de personnes visitant les sanctuaires internationaux chaque année, beaucoup ne sont pas croyants : il faut « partir de la voie de la beauté (de ces lieux) qui demeure un moyen privilégié pour annoncer le Christ », insiste Mgr Fisichella. 

La Congrégation pour le Clergé perd ainsi à nouveau une de ses attributions, et non des moindres. Il convient de revenir un peu en arrière : c’est par la Constitution apostolique « Alias Nos », du 2 août 1564, que le pape Pie IV fonde la Sacrée Congrégation des cardinaux pour l'application et la mise en pratique du concile de Trente, — plus simplement la Congrégation du Concile. 

Grégoire XII élargit ses fonctions, et Sixte-Quint lui confie la révision des actes des conciles provinciaux, avec pour tâche de promouvoir la réalisation des réformes voulues par le concile de Trente. C’est un peu l’apogée de la Congrégation qui au fil des siècles voit fondre le nombre de ses compétences, transférées progressivement à d'autres dicastères de la Curie romaine. Elle garde son nom de Sacrée Congrégation du Concile jusqu'au 31 décembre 1967, lorsque le pape Paul VI lui donne son nom actuel de Congrégation pour le Clergé. 

Par la Constitution apostolique « Pastor Bonus » du 29 juin 1988, le pape Jean-Paul II réduit les attributions de la Congrégation qui s'occupe alors de formuler les normes concernant le ministère et la vie des prêtres séculiers. Elle exerce en outre - du moins à cette époque - la vigilance de Rome sur les catéchismes et les biens temporels de l’Église. 

Avec le Motu Proprio « Fides per doctrinam », du 16 janvier 2013, le pape Benoît XVI retire à la Congrégation pour le Clergé la compétence sur les catéchismes pour la transférer au Conseil Pontifical pour la Nouvelle Évangélisation. 

Le pape François accentue un mouvement de réforme qui entend recentrer davantage la Congrégation sur la formation permanente d’un clergé souvent présenté comme insuffisamment préparé aux grands défis humains et religieux du XXIe siècle. Sans parler de la question des abus sur des mineurs qui nécessite d’insister sur l’aspect préventif et le discernement des vocations pendant la formation au séminaire. 

Dans cette ligne, le 8 décembre 2016, en la solennité de l’Immaculée Conception, la Congrégation pour le Clergé a promulgué une nouvelle « Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis » — un nouveau document pour la formation des futurs prêtres — de 93 pages, dont le but est de former des ministres « clairvoyants dans le discernement », mais aussi « sereins et stables ». Programme qui témoigne de la volonté de l’Eglise de ne pas se laisser enfermer dans la « dialectique du soupçon ». 

(Sources : Radio Vatican / La Croix / FSSPX.Actualités - 21/04/17)