Euthanasie en Belgique : un ancien Premier ministre se distancie de Rome

26 Août, 2017
Provenance: fsspx.news

Un ancien premier ministre belge et président du Conseil européen sort de sa réserve et crée la polémique en prenant publiquement ses distances avec la récente mise au point du pape François condamnant la pratique de l’euthanasie dans les établissements belges tenus par les Frères de la Charité de Gand.

Herman Van Rompuy est un ancien Premier ministre belge qui a exercé la charge de Premier président du Conseil européen de 2010 à 2014. Catholique et père de quatre enfants, titulaire d'un baccalauréat de philosophie et d'un master en sciences économiques appliquées de l'Université catholique de Louvain, il est actuellement membre du Parti Démocrate chrétien flamand, et surtout membre de l’organisme qui gère les structures sanitaires des établissements de la Congrégation des Frères de la Charité de Gand. 

Depuis le mois de mars 2017, la direction de ces établissements qui accueillent notamment des patients souffrant de troubles psychiatriques, a décidé d'autoriser l'euthanasie active sur les malades, non seulement pour les patients en phase terminale qui le demanderaient, mais encore lorsque se présentent des cas de détresse psychologique profonde, ou lorsqu’il n’existe pas de « traitement alternatif raisonnable ». 

Le Supérieur général a dénoncé cette décision et a reçu l'appui de l'autorité suprême. En effet, la Salle de Presse du Saint-Siège a confirmé le 10 août 2017 que le pape François, après avoir consulté la Congrégation pour la Doctrine de la foi, avait demandé à la communauté belge des Frères de la Charité de Gand de renoncer à pratiquer l’euthanasie sur ses patients.  

Le Conseil d'administration dispose du délai d'un mois pour se conformer à cette demande, sous peine de sanctions canoniques. D'ores et déjà, les religieux et laïcs concernés ont décidé de prendre le temps de la réflexion. 

Pour sa part, Herman Van Rompuy semble peu apprécier cette mise au point du Vatican et du Frère René Stockman, le Supérieur général. L’ancien Premier ministre belge n'a pu s'empêcher de s'exprimer le 13 août sur les réseaux sociaux en un tweet laconique : « Le temps du ‘Roma locuta, causa finita' [Rome a parlé, l’affaire est close] est passé depuis longtemps ».  

Interrogé par Crux, le Supérieur Général des Frères de la Charité a refusé de commenter ce tweet de M. Van Rompuy, disant qu'il n'avait « aucune idée de la raison pour laquelle il avait décidé de publier cela sur Twitter ». Le 17 août, dans un entretien au quotidien catholique italien Avvenire, le Frère Stockman s'est montré confiant dans l'issue de la réunion du 11 septembre. Il a détaillé les quatre points qui étaient exigés : « En premier lieu, rappeler que le respect de la vie est une valeur absolue. Secundo, que l’on ne peut pas indiquer l’euthanasie comme une “solution” à un malade sans perspective de guérison. Tertio : l’euthanasie ne peut être considérée comme un acte médical. Quatrième et dernier point : l’euthanasie ne peut pas être pratiquée dans les hôpitaux qui se disent liés à notre congrégation religieuse. J’en ai parlé aussi avec le Secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, et il a confirmé que sur ce point, on ne fait pas de compromis ». 

Le groupe des Frères de la Charité n'a pas encore répondu à l'ultimatum du Vatican, mais le message d’Herman Van Rompuy semble légitimer une certaine résistance chez les religieux, comme si l'obéissance en cette matière n'allait pas de soi. Comme si la loi de César pouvait être préférée à celle de Dieu. 

En tout cas, la doctrine catholique n’évolue pas au gré des convulsions des réseaux sociaux :  l'euthanasie, tout comme le suicide assisté, est un meurtre car l'acte posé provoque directement la mort. Il constitue une grave offense contre Dieu, Créateur et Maître de la vie, et un péché contre le cinquième commandement : « Tu ne tueras point ».