Tout recentrer sur le Christ

24 Mai, 2018
Par fsspx.news
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A Maaloula, en Syrie.

Les chrétiens d’Orient persécutés aujourd’hui voient les djihadistes profaner leurs églises, renverser les autels, détruire les croix. Pendant ce temps le cardinal Reinhard Marx, président de la Conférence épiscopale allemande, s’insurge contre la décision du gouvernement bavarois de placer le crucifix sur les établissements publics.

La croix pour laquelle des chrétiens subissent le martyre au Moyen-Orient, n’est plus au centre de la vie de l’Occident déchristianisé. Ne voyons pas là un fait anecdotique, mais bien le signe d’une apostasie non plus silencieuse, mais criante – comme l’invective du cardinal Marx.

Le même prélat a décidé, avec la majorité des évêques allemands, que des protestants mariés à des catholiques pourraient recevoir la communion. Sept de leurs confrères en ont appelé à Rome, demandant si l’on pouvait contredire en Allemagne la loi de l’Eglise universelle. Le pape François leur a fait savoir qu’il n’interviendrait pas dans ce débat – en clair : qu’il ne rappellerait pas la loi de l’Eglise –, et que les évêques allemands devraient trouver entre eux « une solution si possible unanime ».

Déjà avec Amoris lætitia, la pratique de la communion des divorcés « remariés » est favorisée par les évêques allemands et argentins, mais pas par les évêques polonais. Comment s’explique cette disparité au sein de l’Eglise ? Le pape actuel veut une autorité délocalisée, et même un enseignement quelque peu affranchi du centralisme romain. Selon lui, l’unité de l’Eglise est celle d’un polyèdre aux facettes diverses. Une Eglise plurielle, proposant « l’unité dans la diversité » ou la « diversité réconciliée ».

Cette décentralisation manifeste que la croix n’est plus au centre de tout. Pour plaire au monde moderne, par œcuménisme « miséricordieux », elle est reléguée en arrière-plan, – comme les tabernacles dans beaucoup d’églises. L’autorité délocalisée, l’enseignement décentralisé sont les signes d’une Eglise excentrée par l’aggiornamento, l’ouverture à la modernité.

Combattant le modernisme au début du XXe siècle, saint Pie X voulait que tout soit « restauré en Jésus-Christ », recentré sur la croix, car « tandis que le monde tourne, la croix demeure ».

Abbé Alain Lorans