Le déroulement du conclave
La messe Pro eligendo romano pontifice a été célébrée le 12 mars, à 10h, dans la Basilique Saint-Pierre, selon les dispositions prises par la Congrégation générale des cardinaux du 8 mars.
Elle était présidée par le cardinal Angelo Sodano, doyen du collège cardinalice. Dans l´après-midi, les cardinaux électeurs se dirigèrent en procession de la Chapelle Pauline du Palais apostolique à la Chapelle Sixtine, en chantant les Litanies des saints, derrière le porte-croix. En fin de procession, un diacre portant l’évangéliaire précédait le cardinal Giovanni Battista Re qui présidait le conclave.
Outre les 115 cardinaux électeurs, prenaient part à cette procession le secrétaire du collège des cardinaux, Mgr Lorenzo Baldisseri, le maître des célébrations liturgiques pontificales, Mgr Guido Marini, et le cardinal Prosper Grech (non électeur) chargé de donner aux cardinaux la méditation avant l’ouverture du conclave, ainsi que les cérémoniaires et les chantres de la chapelle musicale pontificale. Après avoir pris la place qui a été attribuée à chacun d’entre eux dans la Chapelle Sixtine, les cardinaux ont entonné le chant du Veni Creator. Puis, en présence des personnes ayant participé à la procession solennelle, ils ont prononcé le serment prescrit.
Le cardinal Re a alors prononcé cette formule : « Nous tous et chacun de nous, cardinaux électeurs présents à cette élection du souverain pontife, promettons, faisons le vœu et jurons d´observer fidèlement et scrupuleusement toutes les prescriptions contenues dans la Constitution apostolique du souverain pontife Jean-Paul II, Universi dominici gregis, datée du 22 février 1996. De même, nous promettons, nous faisons le vœu et nous jurons que quiconque d´entre nous sera, par disposition divine, élu pontife romain, s´engagera à exercer fidèlement le munus petrinum de pasteur de l´Eglise universelle et ne cessera d´affirmer et de défendre avec courage les droits spirituels et temporels, ainsi que la liberté du Saint-Siège. Nous promettons et nous jurons surtout de garder avec la plus grande fidélité et avec tous, clercs et laïcs, le secret sur tout ce qui concerne d´une manière quelconque l´élection du pontife romain et sur ce qui se fait dans le lieu de l´élection et qui concerne directement ou indirectement les scrutins ; de ne violer en aucune façon ce secret aussi bien pendant qu´après l´élection du nouveau pontife, à moins qu´une autorisation explicite en ait été accordée par le pape lui-même ; de n´aider ou de ne favoriser aucune ingérence, opposition, ni aucune autre forme d´intervention par lesquelles des autorités séculières de quelque ordre et de quelque degré que ce soit, ou un groupe ou des individus voudraient s´immiscer dans l´élection du pontife romain. »
Ensuite, chaque cardinal électeur, selon l´ordre de préséance, a prêté serment selon la formule suivante : « Et moi N., cardinal N., je le promets, j´en fais le vœu et je le jure », et il a ajouté en posant la main sur l´Evangile présenté par les cérémoniaires : « que Dieu m´y aide ainsi que ces saints Evangiles que je touche de ma main ». Lorsque le dernier cardinal eut prêté serment, le maître des célébrations liturgiques pontificales prononça le « extra omnes » pour que ceux qui ne participent pas au conclave quittent la Chapelle Sixtine. Il ferma alors la lourde porte de bois qui sépare la Chapelle Sixtine de la Salle royale.
Alors, devant les cardinaux électeurs, intervint le cardinal Grech pour une « méditation sur la lourde tâche qui les attend », précise l´Ordo rituum conclavis. Au terme de cette méditation, le prédicateur et le maître des cérémonies pontificales quittèrent eux aussi les lieux. La Garde suisse pontificale était postée à toutes les entrées de la chapelle, et le premier scrutin eut lieu. Ce conclave de deux jours seulement se situe dans la liste des conclaves courts.
En 1846 l'élection de Pie IX fut obtenue en 3 jours, du 14 au 16 juin. En 1878, Léon XIII fut élu après un conclave de 3 jours, du 18 au 20 février. En 1903, fut élu saint Pie X, et le conclave dura 5 jours du 31 juillet au 4 août. En 1914, le conclave qui élit Benoît XV dura 4 jours, du 31 août au 4 septembre. En 1922, le conclave qui élit Pie XI dura 5 jours, du 2 au 6 février ; il y eut 7 scrutins.
Le conclave qui élit Pie XII en 1939 fut plus court, il dura deux jours, du 1er au 2 mars, et il y eut 3 scrutins. Jean XXIII fut élu en 1958, lors d’un conclave de 4 jours, du 25 au 28 octobre, avec 11 scrutins. En 1963, le conclave dura 3 jours, du 19 au 21 juin, et fut élu Paul VI après 6 scrutins. En 1978, le conclave qui élit Jean-Paul Ier fut le premier auquel ne participèrent pas les cardinaux de plus de 80 ans ; il dura deux jours, du 25 au 26 août, avec 4 scrutins.
Lors du second conclave de 1978, du 14 au 16 octobre, soit 3 jours, 111 électeurs élurent Jean-Paul II au bout de huit scrutins. En 2005, Benoît XVI fut élu pape au quatrième scrutin d'un conclave qui dura 2 jours, du 18 au 19 avril et qui compta le plus grand nombre de cardinaux électeurs de l'histoire : 115, comme celui de 2013 qui a élu François, après 5 scrutins.
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(Sources : VIS/Apic/Imedia/KTO – DICI n°272 du 15/03/13)