Irak : vers la libération de la plaine de Ninive ?

Le 13 septembre 2016, le Patriarche de Babylone des Chaldéens, Mgr Louis Raphaël Ier Sako, a lancé un appel, rapporté par l’agence Fides, pour faire renaître la ville de Mossoul et l’ensemble de la région, après la défaite annoncée des djihadistes du prétendu ‘Etat islamique’ (EI). Ces jours-ci, les moyens de communication évoquent « les préparatifs pour la bataille de Mossoul » et, une fois encore, commence à se préfigurer la nécessité de lancer un « grand projet humanitaire ». La possible renaissance civile des zones reprises aux djihadistes, déclare-t-il, commence par le déminage.
 La coalition internationale envisage une libération de Mossoul et de la plaine de Ninive, annonce Radio Vatican, d’ici un an. L’emprise de l’EI sur ces territoires, conquis durant l’été 2014, se réduit peu à peu : plusieurs villages ont été libérés en mai dernier. Mais ils restent inaccessibles à leurs habitants, car ils sont piégés : champs, routes et infrastructures sont truffés de mines posées par les djihadistes.  La plaine de Ninive depuis le monastère d’Alqosh. (crédit photo : Fraternite en Irak).

Dans un document d’analyse et de réflexion sur la situation politique irakienne diffusé le 5 septembre, Mgr Sako envisage les différents scénarios possibles dans la plaine de Ninive. Après le retour des évacués et le rétablissement des conditions générales de stabilité, devra être garantie aux habitants de la zone la possibilité de choisir par le biais d’un référendum libre s’ils désirent demeurer sous la responsabilité du gouvernement central de Bagdad, s’ils préfèrent faire partie de la Région autonome du Kurdistan irakien ou se placer sous « l’éventuel Etat sunnite ». Le Patriarche souligne que depuis l’intervention américaine de 2003 ayant entraîné la chute du régime de Saddam Hussein, aucun processus réel de consolidation des bases démocratiques n’a été inauguré en Irak, pas plus que n’ont été mises en place « les bonnes personnes au bon endroit sur la base de leurs qualifications et non de favoritismes ». Depuis lors, affirme-t-il, le nombre des chrétiens en Irak a fortement diminué, et à l’avenir « il faut tenir compte du fait qu’une victoire militaire sur les djihadistes du prétendu Etat islamique ne signifie pas la résolution du problème de la diffusion de l’idéologie extrémiste qu’il faut démanteler ». Mgr Shlemon Warduni, évêque chaldéen auxiliaire de Bagdad, déplorait au micro de Radio Vatican, le 29 septembre, que la communauté internationale ne s’investisse pas davantage alors qu’elle est, elle aussi, menacée par le terrorisme islamiste.