Pour la croisade du Rosaire : « Voici votre Mère » par le Père Calmel

Un peu avant le lancement d’une croisade du Rosaire par le Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X, a paru un recueil de méditations mariales du R.P. Calmel o.p., sous le titre Voici votre Mère. On y trouvera de puissants encouragements à la récitation du chapelet pour la liberté de la messe tridentine, pour la restauration du règne social de Notre Seigneur et pour le triomphe du Cœur Immaculé. Voici quelques pages extraites de ce bel hommage d’un fils de saint Dominique à la Très Sainte Vierge Marie.

« C’est surtout lorsque fléchit la ferveur dans le peuple chrétien, lorsque se multiplient les scandales et les péchés ou lorsque la civilisation chrétienne est sur le point d’être ruinée, c’est surtout en ces heures d’extrême péril, soit pour l’Eglise, soit pour les nations chrétiennes, que les Papes nous adjurent de recourir au Rosaire. Souvenons-nous par exemple de saint Pie V au moment de l’invasion ottomane, de Pie XI pendant la révolution espagnole et à la veille de la seconde guerre mondiale, de Pie XII enfin, pendant que le tiers de l’Eglise devenait l’Eglise du silence. Cette confiance que les Papes et la Sainte Eglise mettent dans le Rosaire pour triompher des forces de l’Enfer dans les heures de leur déchaînement le plus furieux s’explique naturellement parce que le Rosaire étant une sainte méditation nous met sur la voie de la conversion ; étant une supplication par l’intermédiaire de l’Immaculée il est une supplication pure ; enfin s’il implore le salut et le renouvellement d’un ordre temporel chrétien, il l’implore dans le sens que Dieu veut, puisqu’il s’adresse à la Vierge de l’Annonciation et du Calvaire qui connaît parfaitement la valeur et la signification du temporel ». (pp. 34-35)

« Ce qui importe en même temps que la lucidité sur notre monde, ce qui importe même encore plus, car nous sommes les frères de nos frères, c’est la compassion ; une compassion sans complicité ni vertige, et cependant qui rejoigne nos frères au point le plus douloureux de leur détresse. Car enfin dans ce monde qui offense Dieu horriblement par sa manière de voir et sa manière de vivre, par son refus de la lumière et ses institutions d’orgueil et d’athéisme, beaucoup d’hommes assurément sont coupables, et c’est en toute délibération qu’ils ont choisi du côté de Satan et sont endurcis. Mais combien d’autres ne sont que de tristes victimes. Il n’est sans doute pas vrai qu’ils soient innocents. Il y eut une heure, une heure décisive, où ils pouvaient encore ne pas céder. Mais il est vrai aussi qu’ils sont victimes autant que coupables, même s’ils sont coupables de s’être rendus victimes. C’est pour avoir été poussés à bout par le scandale général, par l’organisation diabolique de la cité qu’ils en sont venus à transgresser les lois les plus saintes. Ils subissent autant et plus qu’ils ne choisissent et c’est avec un grand luxe de souffrances qu’ils doivent payer ensuite leur mollesse devant le mal. (…)

« Le Rosaire est une prière de compassion parce qu’il s’adresse à la Vierge douloureuse qui a souffert infiniment au pied de la croix pour la rédemption de l’humanité ; le Rosaire est une prière de victoire parce qu’il a recours à la Vierge glorieuse qui a écrasé la tête du serpent dans l’instant même de sa Conception Immaculée, ensuite par le Fiat de l’Annonciation, le consentement du Calvaire, et l’Assomption royale dans la gloire des cieux. (pp. 58-59, 61)

« Dans l’Eglise de Jésus en proie au modernisme jusque parmi les chefs, à tous les degrés de la hiérarchie, la souffrance des âmes, la brûlure du scandale atteignent une intensité bouleversante ; ce drame est sans précédent ; mais la grâce du Fils de Dieu rédempteur est plus profonde que ce drame. Et l’intercession du Cœur Immaculé de Marie, qui obtient toute grâce, ne s’interrompt jamais. Dans les âmes les plus abattues, les plus près de succomber, la Vierge Marie intervient nuit et jour pour dénouer mystérieusement ce drame, rompre mystérieusement les chaînes que les démons imaginaient incassables. Solve vincla reis. (pp. 120-121)

R.-Th. Calmel o.p., Voici votre Mère, Nouvelles Editions Latines, 155 pages.

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