Libye : décapitation de 21 chrétiens égyptiens par l'Etat islamique
21 chrétiens coptes égyptiens ont été décapités, en Libye, par des hommes se réclamant de l’Etat islamique (EI). La vidéo de l'exécution a été diffusée sur internet le 15 février 2015 et s’intitule « Un message signé avec le sang à la nation de la Croix ».
Tous originaires de la province de Minya, au sud du Caire, où se trouve une importante communauté copte, les travailleurs égyptiens avaient été enlevés début janvier. RFI, le 15 février, annonçait qu’ils ont été exécutés « parmi d’autres Egyptiens de Libye parce qu’ils étaient chrétiens. Des chrétiens qui, aux yeux des assassins, représentent les Occidentaux. » Les images les montrent vêtus en orange, placés en rang sur une plage par des hommes vêtus de noir qui les forcent à s’agenouiller. On voit les victimes en train de bouger les lèvres. Mgr Antonios Aziz Mina, évêque copte catholique de Gizeh interrogé par Fides le 17 février, répond qu’il s’agit sans aucun doute d’une prière : « Au moment de leur mise à mort barbare », ils répètent « Seigneur Jésus-Christ ». Le nom de « Jésus a été le dernier mot qui est venu sur leurs lèvres ».
Un bandeau en incrustation explique que la vidéo s'adresse au « Peuple de la Croix fidèle à l'Eglise égyptienne ennemie ». Un homme habillé en treillis militaire s'exprime en anglais avec un couteau à la main alors que les autres bourreaux, entièrement vêtus de noir et silencieux, se tiennent derrière chaque prisonnier. « Aujourd'hui, nous sommes au sud de Rome, sur la terre musulmane de la Libye (...) cette mer dans laquelle vous avez caché le corps du cheikh Oussama ben Laden, nous jurons devant Allah que nous allons la mêler à votre sang », assène-t-il avant que les bourreaux ne décapitent les 21 Egyptiens avec un couteau. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a décrété un deuil national de sept jours. Moins de 24 heures plus tard, des avions de combats de l'armée de l'air égyptienne ont bombardé des positions de l’Etat islamique en Libye. Dans le monde entier, l’attentat a suscité de nombreuses réactions indignées. Le communiqué du président de la République française, publié le 15 février, n’est pas passé inaperçu puisque François Hollande, tout en condamnant cet acte, a préféré en taire les raisons profondes. Il a en effet « omis » de préciser l’appartenance religieuse des 21 coptes, évoquant uniquement des « ressortissants égyptiens ».
Dans un communiqué publié sur son site internet le 17 février, L’Œuvre d’Orient a déclaré souhaiter que « l’appartenance religieuse chrétienne des victimes ne soit pas escamotée », demandant que « cela soit clairement mentionné dans les communiqués de la Présidence de la République et que la France présente ses condoléances au Patriarche copte. »
(Sources : apic/rfi/fides/lefigaro/elysee/oeuvre-orient – DICI n°311 du 27/02/15)