Philippines : l’Eglise catholique s’oppose à la légalisation du divorce

Un projet de loi visant à légaliser le divorce aux Philippines a été déposé devant le parlement en 2014 par un petit parti politique ouvertement féministe, le « Gabriela Women’s Party » (littéralement : le parti des femmes Gabriela), qui a annoncé souhaiter l’inscrire à l’ordre du jour de la session parlementaire de ce mois d’avril.

« Hasard » du calendrier, un sondage a été publié dans la presse locale le 23 mars dernier, affirmant, selon l’agence Eglises d’Asie (Eda), que « 60% des personnes interrogées » étaient pour. Ces informations ont fait réagir la Conférence des évêques catholiques des Philippines qui, dans un long communiqué diffusé le 25 mars 2015 et repris par Eda, a réaffirmé l’opposition de l’Eglise à la légalisation du divorce. Mgr Socrates Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan et président de la Conférence épiscopale, déclare que les dispositions du Code de la famille concernant la séparation de corps et l’annulation d’un mariage suffisent à protéger un époux de son conjoint qui serait « brutal et cruel ». « Un mariage qui a échoué n’est pas un argument pour divorcer », affirme Mgr Villegas, qui explique qu’on ne peut changer de conjoint « comme on change de voiture ».

Il ajoute encore que « la société doit pouvoir compter sur le fait que certains engagements sont irrévocables ». Depuis le vote d’une loi sur le divorce à Malte en 2011, les Philippines sont le seul Etat – avec le Vatican – où le divorce n’a pas été légalisé. D’après Eda, « des tentatives surgissent régulièrement » afin d'introduire dans le Code de la famille une disposition légalisant le divorce.