Suisse : Une votation importante sur l’avortement

C'est ma vie, protégez-la !

Dimanche 2 juin, les citoyens suisses sont convoqués aux urnes pour une votation concernant l’avortement.

Jusqu’à présent, “l’interruption de grossesse” peut être autorisée sur avis médical conforme de deux médecins « en vue d’écarter un danger impossible à détourner autrement et menaçant la vie de la mère ou menaçant sérieusement sa santé d’une atteinte grave et permanente. »(1)

Mais « que signifie le “danger menaçant sérieusement la santé d’une atteinte grave et permanente” ? Dans l’esprit du législateur, il s’agit essentiellement de raisons purement médicales, telles que l’existence d’une maladie incompatible avec la grossesse. Toutefois, la plupart des avis exprimés aujourd’hui retiennent des motifs d’ordre psychiques. »(2)

 

La prochaine votation propose deux textes :

1. Une légalisation pure et simple de l’avortement selon le schéma malheureusement classique : avortement possible jusqu’à 12 semaines de grossesse après entretien avec un médecin jugeant la demande de la “patiente” recevable (proposition de loi issue du parti socialiste suisse, encore appelée “solution des délais”). Cette proposition de loi a le soutien du gouvernement.

2. Une initiative populaire(3), proposée par l’Aide suisse pour la mère et l’enfant, propose d’interdire l’avortement, en laissant cependant une porte ouverte pour les cas de maladie physique grave comportant un danger pour la vie de la mère. Cela reviendrait à l’application stricte de la loi suisse actuelle. Or, dans un pays médicalisé comme la Suisse, cela revient à interdire l’avortement, car ces cas n’existent médicalement plus, ce qui est reconnu tant par les tenants de l’initiative que par ses adversaires. Si l’on doit regretter sa formulation insuffisante, il faut cependant lui reconnaître un esprit anti-avortement et le contre-pied efficace qu’elle apporte à la proposition gouvernementale. Elle insiste également sur une assistance aux femmes enceintes se trouvant dans une situation psychologique difficile.

Les évêques suisses ont opté pour le non aux deux propositions ; pour la première, on n’en attendrait pas moins ; en revanche, le non à l’initiative populaire est une manière de se démarquer des « défenseurs de la vie fondamentalistes ». Mgr Grab, évêque de Coire et président de la Conférence épiscopale suisse a avoué que « l’initiative populaire allait un peu trop loin ». Ils jugent que la solution de l’interdiction pénale pure et simple n’est pas une bonne voie. Certes, l’initiative n’est pas parfaite, mais dans les termes qu’elle emploie, elle rendrait l’avortement impossible en Suisse. De plus, en poussant les catholiques à refuser cette tentative, ils leur envoient un message volontairement brouillé qui risque fort de relativiser le vote dans les esprit et de les livrer à la propagande des « catholiques » pour un « libre choix » qui malheureusement n’ont pas manqué cette occasion.

En « compensation », ils demandent des aménagements tels que : assurance pour femmes enceintes, congés de maternité élargis, etc. mais sans oublier les Centres de conseil (qui furent l’objet d’un conflit récent entre les évêques d’Allemagne et le Saint-Siège). Le parti démocrate chrétien suit les traces des évêques.

Seuls deux petits partis osent se prononcer contre la proposition des socialistes et en faveur de l’initiative populaire : Katholische Volkspartei, un parti catholique conservateur dirigé par le Dr Lukas Brühwiler, et un petit parti protestant.

 

La Fraternité Saint-Pie X s’est publiquement prononcée contre le premier projet et en faveur du second. Un pèlerinage d’un millier de fidèles s’est rendu à Einsiedeln (4), le jour de l’Ascension ; diverses actions d’information et d’aide à une compréhension de l’abomination que représente l’avortement ont été menées dans plusieurs villes ; des prières publiques se succèdent dans les différents prieurés.

Que saint Nicolas de Fluë, patron de la Suisse, protège son pays du crime institutionnalisé !

 

1 Code pénal suisse, livre 2e , titre 1er, 2. Avortement, art. 120.
2 Commentaire (non officiel) du Code.
3 En droit suisse « l’initiative populaire consiste en une demande présentée par 100 000 citoyens suisses ayant le droit de vote et réclamant l’adoption d’un nouvel article constitutionnel ou l’abrogation ou la modification d’articles déterminés de la constitution en vigueur. »
4 Sanctuaire national suisse, dans le canton de Schwyz.

Fœtus de 12 semaines (Ici, recueilli après une fausse-couche)