Amazonie : Jair Bolsonaro défie le Vatican

06 Mai, 2019
Provenance: fsspx.news

Mécontent de l’ingérence de l’Eglise catholique dans la politique intérieure de son pays, le président brésilien Jair Bolsonaro souhaite organiser à Rome au mois de septembre prochain un “contre-synode” en réponse au synode sur l’Amazonie prévu pour le mois d’octobre : un défi lancé au pape François au cœur de la Ville éternelle. 

L’Eglise catholique organise un synode sur l’Amazonie du 6 au 27 octobre 2019 au cours duquel prêtres et évêques issus des neuf pays amazoniens d’Amérique latine doivent discuter de questions relatives à l’environnement, aux peuples autochtones et aux changements climatiques (sic). 

Jair Bolsonaro, l’homme qui préside depuis le 1er janvier 2019 aux destinées du Brésil, pays parmi les plus catholiques au monde, voit d’un mauvais œil ce synode qu’il considère comme une ingérence étrangère attentatoire à la souveraineté de son pays. Précisons que le président de la République fédérative du Brésil est lui-même catholique. 

Aussi, pour manifester son opposition au synode amazonien, le gouvernement envisage-t-il d’organiser à Rome, un mois avant la réunion au Vatican, un symposium concurrent, dans le but de mettre en relief la « sollicitude du Brésil pour l’Amazonie et les peuples autochtones ». 

Deux points de vue s’opposent dans cet épineux dossier : le Brésil considère pour sa part l’Amazonie comme une ressource nationale devant être librement exploitée par l’homme, tandis que le Saint-Siège insiste, depuis le début du pontificat de François, sur le droit des populations indigènes à demeurer sur leurs terres, avec leur mode de vie traditionnel. 

La tension n’a pas décru ces dernières semaines : alors que le Vatican accuse le chef de l’Etat brésilien de mettre l’Amazonie en coupe réglée par appât du lucre, celui-ci s’inquiète d’une Eglise qui ferait le jeu des progressistes et des mondialistes : « l’Organisation des Nations Unies (ONU) discute avec les indigènes sur la possibilité de créer de nouveaux pays au Brésil », a déclaré Jair Bolsonaro lors d’un entretien radiophonique le 9 avril 2019. 

Le général Augusto Heleno Ribeiro, chef du cabinet de la sécurité nationale auprès du Président Bolsonaro, avait déjà prévenu le Vatican, comme FSSPX.Actualités l’indiquait le 20 février 2019 : « la politique concernant l’Amazonie relève de la défense nationale, c’est la souveraineté du Brésil qui est en jeu ». 

A Rome, le défi lancé par Jair Bolsonaro a créé la surprise : le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques, a reconnu qu'une « attention prioritaire » serait bien accordée aux populations autochtones de la région amazonienne. Cependant, il a souligné que « les réflexions du synode (iraient) bien au-delà de la région amazonienne, car elles concernent l’ensemble de l’Eglise et l’avenir de la planète » - Qui sait, ces réflexions concerneront peut-être aussi la prédication de la foi catholique ? 

A l’intérieur de l’Eglise, plusieurs voix se sont élevées, craignant que le futur synode organisé par le Vatican soit aussi l’occasion de relancer le débat sur le célibat sacerdotal en instaurant la possibilité de faire accéder des hommes mariés à la prêtrise.