Anéantissement et sublimité de l’enfance cachée de Nazareth

26 Mars, 2020
Provenance: fsspx.news

Mon Sauveur, je vous connais mieux à la croix et dans la honte de votre supplice, que je ne fais dans cette bassesse et dans cette vie inconnue. Quoique votre corps soit tout déchiré, que votre face soit ensanglantée et que bien loin de paraître Dieu, vous n’ayez pas même la figure d’homme, toutefois vous ne m’êtes pas si caché et je vois, au travers de tant de nuages, quelque rayon de votre grandeur, dans cette constante résolution par laquelle vous surmontez les plus grands tourments. Votre douleur a de la dignité, puisqu’elle vous fait trouver un adorateur dans l’un des compagnons de votre supplice.

Mais ici je ne vois rien que de bas, et dans cet état d’anéantissement, un ancien a raison de dire que vous êtes injurieux à vous-même. Il est injurieux à lui-même, parce qu’il semble qu’il ne fait rien et qu’il est inutile au monde. Mais il ne refuse pas cette ignominie ; il veut bien que cette injure soit ajoutée, à toutes les autres qu’il a souffertes, pourvu qu’en se cachant avec Joseph et avec l’heureuse Marie, il nous apprenne par ce grand exemple que s’il se produit quelque jour au monde, ce sera par le désir de nous profiter et pour obéir à son Père.

Jacques-Bénigne Bossuet, Premier panégyrique de saint Joseph.