Bioéthique : le Sénat ajoute à la transgression

13 Janvier, 2020
Provenance: fsspx.news

Si le Sénat français est réputé pour son conservatisme, ce n’est pas sur le terrain de l’éthique médicale : le projet de révision des lois de bioéthique, préparé par les sénateurs, dépasse dans l’ordre de la transgression le texte voté à l’Assemblée nationale. 

La commission spéciale du Sénat en charge de la bioéthique a rendu, le 8 janvier 2020, son arbitrage sur le projet de révision des lois de bioéthique, adopté en octobre 2019 en première lecture par les députés du Palais-Bourbon. 

Plusieurs modifications inquiétantes ont été apportées par les sénateurs : ainsi, l’élargissement, dans le cadre d’une fécondation in vitro, du diagnostic préimplantatoire (DPI) aux anomalies chromosomiques des embryons, ouvrant plus largement la voie à un eugénisme qui tait son nom. 

Pire : la pratique du « bébé médicament », repoussée par les députés, est désormais inscrite dans le projet. Cette technique, également connue sous le nom de « DPI-HLA », nécessite un double tri d’embryons. Une véritable mécanique de l’horreur, puisqu’il faut d’abord éliminer les embryons porteurs de l’affection dont souffre le grand frère ou la grande sœur à soigner. Ensuite, dans le stock d’embryons sains, un second tri est effectué pour ne garder que des embryons compatibles avec la greffe envisagée. C’est autoriser explicitement la suppression d’embryons sains qui n’ont pas la chance d’être compatibles avec une greffe : il s’agit donc d’une double transgression. 

Selon la Fondation Jérôme Lejeune, pour obtenir un embryon qui corresponde au « cahier des charges », il faut trier et éliminer 100 embryons « non compatibles ». 

Sans parler des dégâts incalculables sur le psychisme de celui ou de celle qui apprendra, tôt ou tard que sa seule raison d’être en vie, fut de soigner un grand frère ou une grande sœur… 

Le funeste texte doit désormais être soumis à l’ensemble des sénateurs qui l’examineront à partir du 21 janvier. Le vote du projet de loi est prévu le 4 février. Avant que le texte ne retourne à l’Assemblée nationale, pour un examen en seconde lecture.