Bolivie : les évêques appellent les candidats chrétiens à la cohérence

26 Février, 2020
Provenance: fsspx.news
La Paz, capitale bolivienne, dominée par la statue du Christ Rédempteur.

Les Boliviens désigneront leur chef d’Etat le 3 mai 2020, soit plus de six mois après l’élection controversée qui avait déclenché une violente révolte sociale et le départ de l’ancien président Evo Morales. Face à un durcissement de la vie politique, les évêques du pays ont lancé un appel aux candidats chrétiens, les incitant à rechercher le bien commun. 

Premier président indigène de Bolivie, Evo Morales a démissionné le 10 novembre 2019, au terme de quatorze années de pouvoir. Lâché par la police et par l’armée, il avait dû prendre la fuite sous la pression de la rue et de l’opposition qui contestaient sa réélection, le 20 octobre précédent, pour un quatrième mandat.  

Jeanine Anez a succédé à Evo Morales le 12 novembre 2019, deux jours après le départ précipité de ce dernier. Présidente ad interim, cette catholique de droite assumée - on se rappelle son entrée en fonction Bible en main et sous les acclamations de « gloire à Dieu » - a annoncé le 27 janvier qu’elle serait candidate aux élections générales du 3 mai. 

Cependant, à quelques semaines du scrutin, l’atmosphère politique a poussé les évêques du pays à prendre la parole : « en cette période de campagne, l'insulte, le mensonge et la calomnie semblent prévaloir. Ce sont des attitudes qui sont diffusées quotidiennement par les médias, à l'ensemble de la population », déplore, au nom des prélats boliviens, le père Joses Fuentes Cano, secrétaire général de la Conférence épiscopale. - L’épiscopat bolivien serait-il en train de découvrir les mœurs électorales communes à toutes les démocraties corrompues ? 

Pour les évêques du pays, les candidats doivent faire preuve de cohérence : « la vie que nous menons est ce qui fait de nous des disciples du Christ », affirme le père Fuentes Cano, précisant que ce n’est pas seulement « la profession de foi qui rend (les chrétiens) semblables au Christ, mais les décisions qu'ils prennent, leur morale, la vie qu'ils mènent ». 

Alors que le ton de la campagne se durcit sensiblement, le secrétaire général de la conférence épiscopale dénonce les comportements de certains : « la médisance et l’insulte sont devenus une sorte de passe-temps, presque pour retenir l'attention et ne pas s’ennuyer ». 

Selon une enquête d’intentions de vote publiée le 17 février 2020 par le quotidien Pagina Siete, le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), parti du président démissionnaire est en tête des intentions de vote avec 31,6%, suivi du candidat centriste et ex-président Carlos Mesa (17,1%), et de Mme Anez qui rassemble pour l’heure 15,6% des intentions de vote.