Bolivie : une nouvelle présidente pour servir Dieu et la Patrie

04 Décembre, 2019
Provenance: fsspx.news

Après la déchéance et la fuite du président de la République bolivienne, Evo Morales, c’est une catholique issue de la droite, Jeanine Añez, qui tient provisoirement les rênes de l’Etat, avec la tâche de pacifier un pays ruiné par plusieurs années de socialisme, et d’organiser de nouvelles élections. 

Après plusieurs semaines de chaos provoquées par les révélations de fraudes massives lors des élections présidentielles du 20 octobre 2019, le chef de l’Etat s’est enfui le 11 novembre au Mexique. Lâché par l’armée, celui qui était au pouvoir depuis 2006 dénonce à présent « le coup d’Etat le plus astucieux et le plus audacieux de l’histoire ». 

Pour l’heure, Jeanine Añez, deuxième vice-présidente du Sénat, une catholique de droite, assure l’intérim de la présidence de la République après la démission du président et du vice-président du Sénat, conformément à la constitution bolivienne. 

Cette avocate de 52 ans, opposante à Evo Morales, a franchi les portes du palais présidentiel le 12 novembre, en brandissant les quatre Evangiles et en déclarant devant les médias : « Dieu a permis que la Bible retourne au Palais. Qu’il nous bénisse ! ». Ce geste n’est pas anodin. 

Pour Dieu et pour la Patrie 

En effet, Evo Morales avait souhaité faire de ce pays très majoritairement catholique un Etat socialiste et laïc. Pour ce faire, il avait fait adopter une nouvelle constitution en 2009 et mit fin à l’usage de la prestation de serment des autorités gouvernementales et des fonctionnaires, qui devaient auparavant jurer sur la Bible de remplir leurs fonctions « pour Dieu et pour la Patrie ». 

Après l’abolition de ce serment, et ne reculant devant aucun raccourci, l’ancien président avait prétendu que l’Eglise en Bolivie était « le principal ennemi des réformes et des transformations politiques », allant même jusqu’à dire que l’institution catholique avait gardé une « mentalité coloniale ». Une manière d’exacerber les tensions et de diviser le peuple, en montant les Indiens contre « l’oligarchie blanche et l’héritage colonial » que les marxistes prétendent associer au catholicisme. 

Catherine Delfour, professeur de faculté spécialiste de la Bolivie, que cite le journal La Croix, explique que ce geste est au contraire, pour la classe moyenne bolivienne, « un symbole d’apaisement après des jours de violence, où la police avait disparu des rues. (…) c’est un symbole fédérateur qui fait appel au vivre ensemble dans le pays ». 

Jeanine Añez a annoncé le 17 novembre la tenue prochaine d’élections libres, tandis que le président déchu veut encore croire au grand soir. Depuis son exil forcé, il promet : « je reviendrai bientôt avec plus de force et d’énergie ». Puisse-t-il surtout réparer ses fautes et comprendre qu’il n’y a pas de véritable concorde sans le règne du Christ et de son Eglise !