Chine : deux évêques clandestins reconnus par le pouvoir officiel

06 Juillet, 2020
Provenance: fsspx.news

En quelques semaines, le régime communiste de Pékin a reconnu et installé deux évêques préalablement nommés par le Saint-Siège. Si d’aucuns se réjouissent de ce qu’ils considèrent comme un gage de bonne volonté de la Chine de Xi Jinping envers l’Eglise, d’autres dénoncent une manœuvre propre à diviser et affaiblir les chrétiens dans le pays. 

Le 7 juin 2020, Mgr Claudio Maria Celli, l’un des négociateurs de l’accord secret et provisoire, conclu entre Pékin et le Vatican en septembre 2018, déclarait à la télévision italienne Tgcom24 souhaiter le renouvellement de cet accord « pour une ou deux années supplémentaires ». 

Deux jours après, le 9 juin, Mgr Pierre Lin Jiashan était officiellement installé sur le siège épiscopal de Fuzhou (à l’est de la Chine). Agé de 86 ans, reconnu par le Vatican en 2016, cet évêque avait été sacré clandestinement et attendait de prendre possession de son siège épiscopal. 

Son installation divise la communauté catholique, car pour être reconnu par le régime communiste, le prélat légitime a dû être « élu démocratiquement » par la section provinciale de l’Association patriotique des catholiques chinois, une émanation du gouvernement. Cette élection est considérée comme inacceptable aux yeux d’une partie des catholiques de Fuzhou, qui refusent tout compromis avec le pouvoir communiste. 

Il est vrai que le pouvoir communiste ne prend pas trop de risques en installant cet évêque de 86 ans, qui, dans d’autres pays, aurait déjà dû démissionner depuis 6 années... 

Moins de deux semaines plus tard, le 22 juin, le gouvernement chinois a reconnu un autre évêque sacré clandestinement et reconnu depuis 2017 par le Saint-Siège. Il s’agit de Mgr Pierre Li Huiyuan, évêque légitime de Fengxiang (nord-ouest du pays). Âgé de 55 ans, Mgr Li devient le quatrième évêque clandestin à être reconnu par les autorités officielles. 

L’installation s’est déroulée « très calmement et solennellement », selon le site d’informations religieuses AsiaNews, habituellement critique à l’égard de Pékin. Elle s’est faite en présence des représentants des autorités civiles ainsi que de plusieurs autres évêques de la province du Shaanxi. 

Sans avoir renoncé à la sinisation de l’Eglise, les autorités chinoises semblent vouloir donner des gages de bonne volonté au Vatican. Un calcul politique qui ne saurait endormir la vigilance qui s’impose face à un pouvoir athée et antichrétien.