Chine : l'emprise de l'Etat communiste sur les activités catholiques

24 Avril, 2018
Provenance: fsspx.news

Ne pas dépasser la « ligne rouge », telle est la consigne donnée par les autorités communistes de la province du Henan aux catholiques. Il faut y voir une claire menace de fermer les lieux de culte s’ils ne se conforment pas aux « nouveaux règlements concernant les affaires religieuses ».

« Il faut prendre les nouvelles règles au sérieux » ont expliqué les autorités catholiques officielles du Henan - schismatiques aux yeux du Saint-Siège - dans une circulaire envoyée à tous les fidèles, ainsi que l’a rapporté Ucanews, le 18 avril 2018.

Dans l’optique de Pékin qui entend faire respecter de façon plus stricte « le principe de séparation entre religion et éducation », plus aucune « activité de formation » pour les jeunes ne doit être organisée par l’Eglise. Pis, les parents ne doivent plus emmener leurs enfants à la messe dominicale.

L’agence Ucanews croit d’ailleurs savoir que dans le diocèse de Zhengzhou, plusieurs fonctionnaires se sont déplacés dans une église afin de faire évacuer les mineurs qui assistaient à la messe de Pâques en compagnie de leur famille, le 1er avril 2018.

« Auparavant, ces mesures relevaient surtout de la propagande en matière d’éducation. Désormais, il s’agit d’une ligne rouge à ne plus franchir, une ligne de partage des eaux que vous devez prendre au sérieux », ajoute la circulaire officielle adressée aux catholiques.

Cette circulaire doit être elle-même signée par tous les parents qui sont obligés de mentionner les noms de leurs enfants, ainsi que la classe qu'ils fréquentent à l'école. Au sein de leur établissement scolaire, les élèves ont dû écouter un commentaire de la circulaire ; puis il leur a été demandé de consigner par écrit leur nom, l’endroit et l’heure à laquelle ils avaient entendu l’explication officielle.

Depuis que le président Xi Jinping a été réélu, son pouvoir s’est considérablement renforcé, et le contrôle des activités religieuses est devenu plus strict qu’auparavant. Dans cette perspective on ne peut être que dubitatif et circonspect quant à une éventuelle normalisation des relations entre le Saint-Siège et Pékin.