Chine : Pékin promulgue la loi sur la “sécurité nationale” à Hong Kong 

29 Juillet, 2020
Provenance: fsspx.news

Le Comité permanent du Parlement chinois à Pékin, soumis au Parti communiste chinois (PCC), a approuvé à l’unanimité mardi 30 juin 2020 la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong et le chef de l’Etat Xi Jinping l’a promulguée aussitôt, a annoncé l’agence de presse officielle Chine nouvelle.

Elle entre en vigueur dès le 1er juillet, jour anniversaire de la rétrocession de l’ancienne colonie britannique, le 1er juillet 1997. Le texte de cette nouvelle loi sera ajouté en annexe à la Loi fondamentale de 1997, la constitution de Hong Kong. Jusqu’à présent, Hong Kong jouissait d’une large autonomie, en vertu du principe “Un pays, deux systèmes”, bénéficiant de la liberté d’expression, de la liberté de la presse, de la liberté de culte et d’une justice indépendante. 

« La fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait » 

Pékin entend ainsi réprimer le mouvement pro-indépendance à l’origine des manifestations qui secouent la ville de 7,5 millions d’habitants, depuis un an. « Pour les membres de la petite minorité qui menace la sécurité nationale, cette loi sera un glaive suspendu au-dessus de leur tête », a averti le gouvernement chinois peu après la promulgation. « Cela marque la fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait. La ville se transformera en un Etat de police secrète », a réagi sur Twitter Joshua Wong, figure du mouvement pro-démocratie Demosisto avec Nathan Law et Agnes Chow. Sur Facebook, Wong a écrit que désormais il est raisonnable de « craindre pour sa vie et sa propre sécurité dans l’engagement de la résistance démocratique ». Le mouvement Demosisto, fondé en 2014, a annoncé sa dissolution. Un « organe de sécurité nationale », relevant directement du régime communiste, devrait être institué à Hong Kong, ajoute Chine nouvelle. Il sera chargé de collecter des informations et de poursuivre les atteintes à la sécurité nationale. Des rumeurs évoquent une peine maximale de prison à perpétuité en cas d’infraction à cette nouvelle loi, annonce l’agence Reuters. 

Une “sinisation” qui s’étendra sur Hong Kong 

L’adoption en première instance du projet de loi, le 28 mai 2020, avait suscité de vives inquiétudes. (voir DICI n°397, juin 2020) L’agence Eglises d’Asie (EDA), des Missions étrangères de Paris, a publié le 24 juin des extraits de la lettre ouverte adressée au gouvernement chinois, cosignée par le diocèse de Hong-Kong. Les 86 organisations signataires appelaient « le Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire [NPCSC] à rejeter l’adoption récente, par l’Assemblée nationale populaire, d’une décision officielle imposant directement la loi sur la sécurité nationale à Hong-Kong ». 

Le gouvernement aura le pouvoir d’extrader des personnes accusées dans le cadre de la nouvelle loi, pour être jugées sur le territoire chinois. La nouvelle législation permettra aux autorités de contrôler tout établissement scolaire. Les écoles seront également soumises à une loi votée le 12 juin par le Conseil législatif hongkongais, pénalisant les insultes envers l’hymne national chinois. Le 18 juin, le département de l’Education hongkongais a ordonné aux écoles primaires et aux collèges d’afficher le drapeau national chinois et de faire chanter l’hymne national pour certaines occasions. Ce sont les mêmes exigences qui sont imposées, à la faveur du déconfinement, pour la réouverture « des lieux d’activité catholique » en Chine. Les conditions de réouverture semblent vouloir renforcer la sinisation des religions et la loyauté envers le Parti communiste chinois, prévient Eglises d’Asie. 

Dans un entretien accordé le 4 juin au site anglophone catholique Crux, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun avait confié être très inquiet au sujet de la nouvelle loi de Pékin. « Nous avons besoin d’un miracle du ciel », avait ajouté l’évêque émérite de Hong Kong. Et de préciser : « je suis désolé de dire que nous n’avons rien à attendre du Vatican. Au cours de ces dernières années, ils n’ont jamais rien dit pour reprocher à la Chine leurs persécutions », mais ils ont « remis l’Eglise à l’autorité chinoise ».