Quelques interventions courageuses

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Au milieu d’un grand flou doctrinal entretenu sous prétexte de « pastorale miséricordieuse », le second synode sur la famille a été l’occasion de plusieurs prises de position courageuses qui méritent d’être citées.

Une crise de la foi. - Le 9 octobre, lors de son intervention de trois minutes, en assemblée plénière, le cardinal polonais Stanisław Ryłko (sur la photo), président du Conseil pontifical pour les laïcs, a déclaré : « Il est dit que l’Eglise devrait être comme ‘un hôpital de campagne’ (expression du pape François, ndlr), mais il n’y en a pas beaucoup dans cette situation (de malades) qui veulent être obligés d’aller à l’hôpital.

« Saint Augustin demande à ceux qui veulent de l’aide mais ne veulent pas se convertir : ‘Pourquoi nous cherchez-vous ?’ C’est ainsi que se comportent certains baptisés qui sont en situation irrégulière, mais ne veulent pas recevoir le sacrement de la pénitence. Ainsi, nous avons non seulement une crise du mariage et de la famille, mais aussi une crise de la foi.

« 2 Tm 4, 2-5 dit : ‘Proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d’instruire. Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l’oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. Pour toi, sois prudent en tout, supporte l’épreuve, fais œuvre de prédicateur de l’Evangile, acquitte-toi à la perfection de ton ministère !’ »

Une fausse compassion. - Le 12 octobre 2015, Mgr Stanisław Gądecki (sur la photo), archevêque métropolitain de Poznan, président de la conférence épiscopale polonaise, s’est exprimé en ces termes : « L’Eglise (…) dans son enseignement relatif à l’accès des divorcés civilement ‘remariés’ à la sainte communion ne peut pas se plier à la volonté de l’homme, mais à la volonté du Christ. Par conséquent, l’Eglise ne peut pas se laisser conditionner par des sentiments de fausse compassion pour les personnes ni par des modèles de pensée erronés, fussent-ils diffusés dans le contexte où elle se trouve.

« L’accès à la sainte communion de ceux qui continuent de cohabiter more uxorio (maritalement, ndlr) sans un lien sacramentel, serait en contradiction avec la Tradition de l’Eglise. Déjà, les documents des tout premiers synodes d’Elvira, d’Arles, de Néocésarée (qui eurent lieu entre 304 et 319) réaffirment la doctrine de l’Eglise qui ne permet pas l’accès à la communion eucharistique des divorcés ‘remariés’. La raison fondamentale en est que ‘leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie’ (Familiaris consortio, n° 84).

« L’Eucharistie est le sacrement des baptisés qui sont dans la gratia sacramentalis. L’accès à la sainte communion des personnes divorcées et civilement ‘remariées’, c’est-à-dire des personnes qui ne sont pas dans la grâce sacramentelle, pourrait causer beaucoup de dommages non seulement en ce qui concerne le soin pastoral des familles, mais aussi par rapport à la doctrine de l’Eglise sur la grâce sanctifiante.

« En réalité, cet accès ouvrirait la porte de la réception de la sainte communion à toutes les personnes en état de péché mortel ; par voie de conséquence, cela annulerait le sacrement de pénitence et déprécierait l’importance de vivre dans l’état de grâce sanctifiante. »

Un changement de doctrine. - Le 17 octobre, le site de la conférence des évêques de Pologne a publié un court texte de son président, Mgr Stanisław Gądecki sous le titre : « Les changements de discipline proposés par certains pères synodaux vis-à-vis de la communion pour les divorcés constituent une tentative d’introduire par contrebande des changements dans la doctrine de l’Eglise elle-même ».

« Pratiquement, explique l’archevêque de Poznan, tous répètent qu’il n’y aura pas de changement doctrinal, mais cela se comprend de diverses manières. Car si vous ajoutez que des changements disciplinaires sont possibles, cela signifie en pratique que la stabilité doctrinale est annulée. A mon avis, on ne peut parler de la séparation de la pratique de l’Eglise avec sa doctrine, ses enseignements. Les deux sont inséparables. J’ai l’impression que de nombreux partisans de cette modernité pensent en réalité à changer la doctrine, tout en parlant d’un changement de la discipline de l’Eglise. C’est un point inquiétant de ces discussions, car on y met lourdement l’accent : ‘Nous acceptons la totalité de la doctrine’, mais aussitôt suit l’idée que la doctrine n’aurait rien à y voir. Cela me préoccupe grandement, car les uns comme les autres disent qu’ils ne veulent pas d’un changement de la doctrine. D’où viennent donc ces pratiques opposées à la doctrine ? »

Le marxisme culturel. - Le 18 octobre, une auditrice roumaine, le Docteur Anca-Maria Cernea (sur la photo), médecin du Centre de diagnostic et de traitement Victor-Babes à Bucarest, est intervenue de façon très explicite :

« Nous, en tant que médecins catholiques qui défendons la vie et la famille, nous voyons que tout ceci est avant tout une bataille spirituelle. La pauvreté matérielle et le consumérisme ne sont pas la première cause de la crise de la famille. La première cause de la révolution sexuelle et culturelle est idéologique.

« Notre Dame de Fatima a dit que les erreurs de la Russie se répandraient à travers le monde entier. Cela s'est fait d'abord sous une forme violente, le marxisme classique, qui a tué des dizaines de millions de personnes. Aujourd'hui cela se fait la plupart du temps à travers le marxisme culturel. Il y a continuité entre la révolution sexuelle de Lénine, à travers Gramsci et l'Ecole de Francfort, et l'idéologie contemporaine des droits des homosexuels et du genre (gender).

« Le marxisme classique avait la prétention de redessiner la société, par le biais de la spoliation violente de la propriété. Aujourd'hui la Révolution va plus profond ; elle prétend redéfinir la famille, l'identité sexuelle et la nature humaine. Cette idéologie se qualifie elle-même de progressiste. Mais elle n'est rien d'autre que la vieille proposition du serpent, pour que l’homme prenne le contrôle, que Dieu soit remplacé, que la rédemption soit organisée ici-bas, dans ce monde. C'est une erreur de nature religieuse, c'est la gnose.

« Il appartient aux pasteurs de la reconnaître, et de mettre le troupeau en garde contre ce danger. ‘Cherchez donc d'abord le royaume de Dieu et Sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît.’ La mission de l'Eglise est de sauver les âmes. Le mal dans ce monde vient du péché. Et non de la disparité des revenus ou du changement climatique. La solution est celle-ci : l'évangélisation. La conversion.

« Et non pas un contrôle gouvernemental sans cesse grandissant. Ni un gouvernement mondial. Ce sont eux, aujourd'hui, les agents principaux du marxisme culturel ; ce sont eux qui l'imposent à nos nations, sous la forme du contrôle de la population, de la santé reproductive, des droits des homosexuels, de l'éducation aux questions de genre, etc.

« Ce dont le monde a besoin aujourd'hui, ce n'est pas d'une limitation de la liberté, mais de la vraie liberté, la libération du péché. La rédemption. »

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