Doctrine chrétienne : le sacrement de Baptême

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Mgr Marcel Lefebvre baptise un nouveau-né.

Jésus-Christ est le Fils de Dieu fait homme. Cette vérité révélée par Dieu, ce dogme de foi, c’est le mystère de l’Incarnation. Ayant pris un corps et une âme par la vertu du Saint-Esprit, dans le sein très pur de la Bienheureuse Vierge Marie, le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous délivrer du péché et nous conduire en Paradis. 

Vrai Dieu et vrai Homme, Jésus-Christ a souffert et est mort sur la Croix, puis il est ressuscité, il est monté aux cieux, d’où il viendra juger les vivants et les morts. 

Pour nous donner la grâce ici-bas, c’est-à-dire la vie divine, Jésus-Christ a institué sept sacrements. Le premier d’entre eux est le baptême, par lequel le fidèle devient chrétien et capable de recevoir les autres sacrements.

But, forme et matière du sacrement

Le sacrement de baptême est un sacrement institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ sous forme d’ablution. Il incorpore le baptisé au Corps mystique du Christ qui est l’Eglise en remettant le péché originel et tous les péchés actuels qui ont été commis, avec toute la peine qui leur est due.  

La matière du sacrement est l’eau naturelle, qui est utilisée sous forme d’ablution sur le corps, et plus spécialement la tête. La forme est constituée par ces paroles : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».  

Tel est le baptême institué par Jésus-Christ, qui se distingue du baptême de Jean qui n’était qu’imparfait et préparait à une pénitence particulière en vue de la venue du Messie. 

Le ministre du sacrement

Le prêtre est le ministre ordinaire du baptême. Son administration est généralement réservée au curé de la paroisse ou à son prêtre délégué. Pour quelque raison grave, la délégation peut être conférée au diacre, ministre extraordinaire du baptême.

En cas de nécessité, toute personne peut administrer le baptême sans solennité. 

Sont capables de recevoir le baptême : 

Les enfants dès leur naissance : ils doivent être baptisés le plus tôt possible. Ce serait un péché grave de la part des parents ou de celui qui en a la charge que de laisser mourir un enfant sans baptême, ou de le différer longuement et sans raison grave ; 

Les adultes, en toute connaissance de cause et volontairement, ce qui suppose d’être convenablement instruit et bien disposé. 

Nécessité de ce sacrement

En vertu de son baptême, le fidèle est tenu de professer la foi du Christ dans l’Eglise catholique et d’observer les commandements de Dieu et de l’Eglise catholique. 

Tel est l’enseignement de saint Paul aux Romains : « Ne savez-vous pas que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle. Si, en effet, nous avons été greffés sur lui, par la ressemblance de sa mort, nous le serons aussi par celle de sa résurrection : sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus les esclaves du péché ; car celui qui est mort est affranchi du péché. Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons avec lui, sachant que le Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort n’a plus sur lui d’empire. Car sa mort fut une mort au péché une fois pour toutes, et sa vie est une vie pour Dieu. Ainsi vous-mêmes regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ Notre-Seigneur. Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, de sorte que vous obéissiez à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres au péché pour être des instruments d’iniquité, mais offrez-vous vous-mêmes à Dieu comme étant vivants, de morts que vous étiez, et offrez-lui vos membres pour être des instruments de justice. Car le péché n’aura pas d’empire sur vous, parce que vous n’êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce. » (Rm 6, 3-14). 

Et encore, aux Galates : « Vous tous, en effet, qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. » (Ga 3, 27). 

Ce sacrement est nécessaire à tous pour être sauvés, puisque « nul, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » (Jn 3, 5). 

Les âmes de ceux qui meurent sans baptême mais avec le seul péché originel sont privées de la vision béatifique de Dieu, à cause de ce péché originel. Mais elles ne souffriront pas des autres peines par lesquelles sont châtiés les péchés personnels. Elles demeureront dans les limbes, « possédant sans douleur leurs biens naturels » (saint Thomas d’Aquin), autrement dit goûtant un certain bonheur naturel, mais privées de la vision de Dieu et de l’élévation à l’ordre surnaturel. 

Baptême de désir et baptême de sang

Le baptême d’eau peut être suppléé par le martyre et par un acte d’amour de Dieu – cet acte contenant nécessairement la contrition parfaite des péchés et le désir du baptême. 

« Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra ; et celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. » (Mt 16, 25). 

« Celui donc quoi m’aura confessé devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 10, 32). 

Seul le baptême d’eau imprime à l’âme le caractère sacramentel et rend capable de recevoir les autres sacrements. 

Le baptême de sang suppose le martyre. Celui-ci consiste dans la mort infligée injustement et subie à cause du Christ, en témoignage de la foi ou de la vertu chrétienne.

Une nouvelle naissance

Le nouveau baptisé reçoit la foi qui procure la vie éternelle. Il est revêtu d’un vêtement blanc pour exprimer la nouvelle naissance à la vie de la grâce et de la vertu, maintenant qu’il est libéré du péché. Désormais, son âme ne porte plus la tâche du péché originel hérité d’Adam, le premier homme, ni de ses fautes passées, mais elle est pure et comme neuve, purifiée par l’eau baptismale. 

Le baptisé reçoit aussi le nom d’un saint, de sorte qu’il a en lui un protecteur particulier en même temps qu’un modèle de vie à imiter. Le droit de l’Eglise en fait une obligation : le baptisé doit recevoir un nom chrétien, qui au besoin peut être ajouté au prénom usuel. 

Puisse chaque baptisé être trouvé fidèle à la grâce de son baptême, en accomplissant chaque jour la sainte volonté de Dieu, jusqu’à la pleine possession du bonheur éternel en Paradis !