Doctrine chrétienne : le sacrement de Mariage

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Définition et institution

Le sacrement de mariage est l’union conjugale elle-même, validement contractée entre baptisés, que Notre-Seigneur Jésus-Christ a élevée à la dignité de sacrement lors de son premier miracle, à Cana de Galilée.

Ce sacrement établit une union sainte et indissociable entre l’homme et la femme, et leur donne la grâce de s’aimer l’un l’autre saintement et d’élever chrétiennement leurs enfants. Il confère aux époux la grâce d’accomplir comme il convient les devoirs auxquels ils sont soumis envers eux-mêmes et leurs enfants.

Cette union sainte et indissoluble signifie celle de Jésus-Christ avec la sainte Eglise, son Epouse et notre Mère très aimante. 

« Que les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l’Eglise, son corps dont il est le Sauveur » (Ep. 5, 22-23).

Ministres, forme et matière

Les ministres de ce sacrement sont les époux eux-mêmes qui contractent mariage ; réciproquement ils se confèrent et reçoivent le sacrement.

La matière du sacrement est le don mutuel que les époux se font du droit relatif à leur propre corps en vue de réaliser la fin du mariage : la procréation et l’éducation des enfants.

La forme est la mutuelle acceptation de ce don, au moment du consentement libre que les époux s’échangent entre eux, devant le ministre de l’Eglise et deux témoins.

Le lien matrimonial ainsi conclu restaure le mariage dans sa première noblesse, tel qu’il fut institué par Dieu au paradis terrestre :
« Au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni » (Mc 10, 6-9).

Son unité

Les propriétés essentielles du mariage sont l’unité et l’indissolubilité.

L’unité consiste en ce que l’homme, tant que vit sa femme, ne peut avoir d’autre femme, et que la femme, tant que vit son mari, ne peut avoir d’autre mari.

« Alors les Pharisiens l’abordèrent pour tenter Jésus ; ils lui dirent : “Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour quelque motif que ce soit ?” Il leur répondit : “N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, les fit homme et femme, et qu’il dit : à cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront les deux une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni”. “Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce et de renvoyer la femme ?” Il leur répondit : “C’est à cause de la dureté de vos cœurs que Moïse vous a permis de répudier vos femmes : au commencement il n’en fut pas ainsi. Mais je vous dis, celui qui renvoie sa femme, si ce n’est pour impudicité, et en épouse une autre, commet un adultère ; et celui qui épouse une femme renvoyée se rend adultère” » (Mt 19, 3-9).

« Ainsi une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu’il est vivant ; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari. Si donc, du vivant de son mari, elle épouse un autre homme, elle sera appelée adultère ; mais si son mari meurt, elle est affranchie de la loi, en sorte qu’elle n’est plus adultère en devenant la femme d’un autre mari » (Rm 7, 2-3).

« Quant aux personnes mariées j’ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari ; si elle en est séparée, qu’elle reste sans se remarier ou qu’elle se réconcilie avec son mari ; pareillement, que le mari ne répudie point sa femme » (1 Cor 7, 10-11).

Son indissolubilité

L’indissolubilité consiste en ce que les liens réciproques contractés au mariage ne peuvent être rompus que par la mort. Dieu l’a établi ainsi dès le commencement, lorsqu’il institua le mariage au paradis terrestre.

« Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni » (Mt 19, 6).

« Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère à l’égard de la première. Et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle se rend adultère » (Mc 10, 11-12).

« Quiconque renvoie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère ; et quiconque épouse la femme renvoyée par son mari commet un adultère » (Lc 16, 18).

Le mariage entre fidèles, dès lors qu’il est contracté et consommé, est indissoluble. S’il fut seulement contracté, il peut être rompu de jure par la profession religieuse solennelle ou par une dispense spéciale du Saint-Siège.

Le mariage entre infidèles ou non baptisés est naturellement indissoluble.

L’autorité civile ne saurait briser le lien du mariage chrétien, car elle n’est pas compétente en matière de sacrement et qu’elle ne peut séparer ce que Dieu a uni. Le mariage civil n’est autre chose qu’une pure formalité prescrite par la loi pour donner et assurer les effets civils du mariage aux époux et à leurs enfants.

Des époux chrétiens qui vivraient ensemble unis seulement par le mariage civil seraient dans un état habituel de péché mortel, et leur union resterait toujours illégitime devant Dieu et l’Eglise. 

Échange des consentements et obligations des époux

Pour contracter validement mariage, les époux doivent être en âge de se marier et consentir librement à l’échange des consentements. Les catholiques doivent célébrer leur mariage devant le curé ou l’Ordinaire du lieu, ou par le prêtre désigné par l’un d’eux, et devant au moins deux témoins.

La bénédiction que le curé donne aux époux, sans être nécessaire au sacrement, est donnée pour sanctifier au nom de l’Eglise l’union des époux et pour appeler davantage sur eux la bénédiction de Dieu.

Si l’un des époux n’est pas catholique, l’Eglise peut quelquefois permettre une telle union par une dispense de disparité de culte. Gardienne des âmes, il faut une raison très grave et exiger de l’époux non catholique la garantie d’écarter de l’époux catholique tout danger de perversion ou d’abandon de la foi. Elle exige de faire baptiser et d’élever tous les enfants dans l’Eglise catholique.
Les principales obligations des personnes unies par le mariage sont de garder inviolablement la fidélité conjugale et de se comporter toujours chrétiennement en toute chose ; de s’aimer l’un l’autre en se supportant mutuellement et en vivant dans la paix et la concorde ; de pourvoir aux besoins des enfants, en leur donnant une éducation chrétienne et en leur laissant la liberté de choisir l’état auquel ils sont appelés de Dieu.

Réception et dispositions

Pour recevoir ce sacrement, il faut être en état de grâce, être instruit de la doctrine chrétienne, n’être frappé d’aucun empêchement et observer les prescriptions de l’Eglise concernant la célébration du mariage.

Le choix d’un état de vie et la décision de s’engager à fonder un foyer doivent être pris sérieusement devant Dieu et en vue du salut de son âme.

Après mûre réflexion, le choix de s’engager dans les liens du mariage suppose de s’en ouvrir à ses parents, qui ont le droit et le devoir d’aider leurs enfants de leurs conseils prudents et opportuns.

Pour se préparer au mariage, les futurs s’appliqueront soigneusement à la prière et aux bonnes œuvres, en gardant avec soin des mœurs pures.

Les époux célèbreront le grand sacrement qu’est le mariage après s’être confessés. Ils recevront dignement la sainte Eucharistie afin que Dieu bénisse leur union et les aide à garder saintement et inviolablement les droits et les devoirs du mariage, en élevant dans la religion et les bonnes œuvres les enfants que Dieu leur donnera.