De mauvais larrons pris au piège de La Crucifixion

12 Avril, 2019
Provenance: fsspx.news

La Crucifixion de Pieter Brueghel le Jeune (1564-1636) a été une nouvelle fois la cible de cambrioleurs professionnels au mois de mars 2019, en plein Carême : mais l’issue de ce vol a manifesté la vérité de l’adage « tel est pris qui croyait prendre ». 

La Crucifixion est une peinture murale attribuée à Pieter Brueghel le Jeune, maître de la Renaissance flamande. Peint sur un panneau en bois, le chef d’œuvre fait la fierté de l’église Sainte-Marie-Madeleine de Castelnuovo Magra, dans la province italienne de La Spezia. 

Brueghel le Jeune s’est efforcé pour l’essentiel de reproduire les toiles de son père, dont beaucoup ont disparu. Tel est le cas de cette fameuse Crucifixion, ce qui lui confère davantage de valeur. 

Le tableau brosse un paysage nordique où se déroule une scène de la vie quotidienne du début du XVIIe siècle. La présence atypique d'une quatrième croix sur le calvaire frappe immédiatement l’œil du spectateur : les spécialistes y voient le symbole de la soumission du peuple flamand à l’Espagne (!). Mais ce pourrait être tout simplement une invitation faite au spectateur de se faire disciple du Christ et de porter sa croix à sa suite. 

Caché pendant l’occupation allemande durant la Seconde guerre mondiale, le tableau avait été dérobé en 1981, avant de réapparaître quelques mois plus tard. 

Aussi, lorsqu’une rumeur persistante s’est répandue, laissant croire début 2019 à un nouveau larcin, les carabinieri ont décidé de jouer un tour aux éventuels voleurs, ainsi que le raconte en détail La Repubblica du 13 mars 2019. 

Les militaires ont en effet décidé de mettre le chef d’œuvre en sûreté, et de lui substituer un faux, autour duquel plusieurs caméras de surveillance avaient été discrètement installées. Le 13 mars suivant, conformément aux prévisions, une équipe de cambrioleurs a dérobé le faux tableau, sous l’œil vigilant des caméras numériques.  

Désormais l’enquête se poursuit dans la discrétion, car les forces de l’ordre se donnent le temps nécessaire afin de démanteler le réseau de cambrioleurs, ainsi que toutes ses ramifications.