En Chine, l’étoile communiste contre Notre Dame

26 Septembre, 2019
Provenance: fsspx.news

L’accord secret passé en 2018 entre Pékin et le Vatican ne semble pas remettre en cause le processus de sinisation de l’Eglise catholique chinoise. Les destructions d’édifices religieux se multiplient : dernier projet en date, celui de raser prochainement la porte monumentale d’un célèbre sanctuaire dédié à la Vierge Marie. Grands oubliés de la hiérarchie catholique en Occident, les fidèles tentent de se mobiliser. 

Ils sont venus par dizaines de milliers en pèlerinage à Dongerou (Chine), des quatre coins du pays, petits et grands, bravant les forces de police et l’œil inquisiteur des commissaires du peuple, afin d’honorer la Vierge des Sept Douleurs, le jour de sa fête, dans le sanctuaire qui lui est dédié. 

Mais en ce 15 septembre 2019, la foule des pèlerins a les larmes aux yeux : le Parti communiste chinois (PCC) souhaite la destruction de l’entrée monumentale menant au sanctuaire, qui est appelée la « porte du Paradis ». Officiellement, il s’agit de faire passer à cet endroit... une autoroute. Officieusement, la porte, qui rappelle l’art chrétien occidental, est jugée contraire aux canons de la sinisation de la religion décrétée par le Parti communiste chinois. 

Le sanctuaire dédié à Notre-Dame des Sept Douleurs a été construit en 1924. La « porte du Paradis » surplombe un long chemin sinueux traversant la montagne, agrémenté d’un chemin de croix. De là, le pèlerin peut contempler le sanctuaire lui-même, qui s'inspire de l’architecture du Temple du Ciel de Pékin. 

Si d'importantes mesures de sécurité ont été déployées en ce 15 septembre 2019, tout s'est passé dans le calme. Cette année, aucun prêtre, à l'exception de ceux du diocèse de Taiyuan, n’a été autorisé à célébrer la messe. Afin de marquer leur réprobation quant au projet de destruction de l’édifice, les nombreux fidèles se sont agenouillés sur les marches menant à la « porte du Paradis ». 

La « sinisation » du catholicisme est un principe adopté par le Parti communiste en 2015, qui a été réaffirmé par le président Xi Jinping lors du 19e Congrès en octobre 2017. Il s’agit de mettre en place une sorte de « secteur public religieux » en opérant une utopique synthèse entre socialisme, tradition nationale et christianisme. 

En fait, il s’agit de soumettre le catholicisme à l’Etat communiste chinois. Cette persécution se déroule avec la complicité de la hiérarchie ecclésiastique qui croit à une possible entente avec les autorités de Pékin. Comme si la papauté n’avait pas mis en garde les catholiques contre la perversité intrinsèque du communisme athée. Ce que fit le pape Pie XI dès 1937 dans l’encyclique Divini Redemptoris.