En Pologne, le combat pour sauver la civilisation au cœur du débat politique

19 Août, 2019
Provenance: fsspx.news
P. Tadeusz Rydzyk.

A l’approche des élections législatives qui doivent se tenir en Pologne le 13 octobre 2019, plusieurs groupes corrupteurs des mœurs tentent de faire pression sur le débat national. En vain pour l’instant, même si le parti au pouvoir, Droit et Justice (PiS), laisse faire et a besoin d’être aiguillonné pour défendre les valeurs chrétiennes.

Journée sous haute tension dans les rues de Plock, au centre de la Pologne, le 10 juillet 2019 : 2000 manifestants ont défilé sous les couleurs des adeptes de toutes les perversions sous la bannière arc-en-ciel. En face, des contre-manifestants, maintenus à distance par les forces de sécurité, dénonçaient les « slogans d'égalité et de tolérance qui ne sont que du bla-bla » destinés à couvrir « la propagation de l'idéologie LGBT ». 

« Ici, c’est la Pologne, pas Bruxelles ; nous, on n’appuie pas les déviations », commentait un jeune homme venu s’opposer à la tentative de banalisation et de propagande de l’homosexualité, dont son pays est victime après tant d’autres. 

Des campagnes orchestrées 

Tout s’est accéléré au mois février 2019, lorsque le nouveau maire de centre-droit de Varsovie, Rafal Trzaskowski, a signé une « charte LGBT+ » : le document prévoit la création d’un « refuge » pour les homosexuels rejetés par leur famille, un système de suivi et de statistiques des comportements « homophobes », ainsi qu’une éducation fondée sur l’idéologie du genre et la promotion des standards pervers d’éducation sexuelle promus par l’Organisation mondiale de la santé. 

Au printemps, à l’occasion des élections européennes, la propagande LGBT a redoublé, orchestrée par le nouveau parti de gauche "Printemps", animé par Robert Biedroń, un militant homosexuel notoire, ancien député et ancien maire de la ville de Słupsk. Dans son programme figure le prétendu “mariage” des invertis, la question de l'adoption des enfants par des couples de même sexe, la suppression des financements accordés à l'Eglise ou des cours de catéchisme à l'école, etc. La campagne médiatique a pris des allures très anticléricales et anticatholiques. 

C’est ainsi qu’à Płock, dans la nuit du 26 au 27 avril, a eu lieu la profanation de l'image de Notre-Dame de Czestochowa, dont d’ignobles affiches ont été collé sur une église. Depuis, l’image dégradante est réapparue au cours de plusieurs parades, y compris dans la ville mariale de Czestochowa. Des parodies de procession ou de messe ont eu lieu, comme à Gdańsk le 25 mai, ou à Varsovie le 6 juin. A Szczecin, un prêtre a été molesté par deux pédérastes pour avoir refusé de leur livrer des ornements destinés à une cérémonie de bénédiction d'un “mariage” gay. Pauvre Pologne. 

Face à tant de haine, le parti Droit et Justice, que les médias occidentaux s’obstinent à présenter comme nationaliste ou inféodé à l’Eglise, est resté passif. Se contentant d’exploiter l’indignation populaire, il a condamné par de belles déclarations les abus et critiqué l’idéologie progressiste. Mais aucune loi ni mesure forte n’a été prise pour faire cesser les exactions ou interdire les “gay prides”, appelées en Pologne “Parades pour l’égalité”. 

Cette inaction du PiS s’explique aisément. Plusieurs courants traversent ce parti. Parmi eux, beaucoup de conservateurs et de libéraux ne prônent le catholicisme qu’à titre privé, tout en étant ouverts aux dérives liées à “l’évolution de la société”. Certains des principaux représentants de ce parti discutent de la possibilité de contrats civils pour légitimer les unions contre-nature. Ainsi le président de la République, Andrzej Duda, a affirmé qu'il signerait la loi si elle était votée par le parlement. 

« La peste arc-en-ciel » 

L’Eglise s’est élevée contre une telle politique. Le 15 juillet, le père Tadeusz Rydzyk, directeur de Radio Maryja, a repris publiquement les politiciens de PiS présents lors du pèlerinage de la station radiophonique à Czestochowa. Voici plus de quatre ans que les conservateurs de ce parti appellent le gouvernement qu’ils soutiennent à effectuer "le bon changement". Le rédemptoriste polonais a dénoncé l'inaction fasse à l'offensive LGBT, ainsi que l’omniprésence de sa propagande dans les médias publics : « est-ce cela le bon changement ? », s’est-il interrogé. 

Le 1er août, Mgr Marek Jędraszewski, archevêque de Cracovie, a pris la parole à l’occasion du 75ème anniversaire de l’insurrection de Varsovie contre l’occupation allemande. Le prélat a dénoncé le péril : « la peste rouge ne parcourt plus notre terre, heureusement, mais cela ne signifie pas qu’une nouvelle peste ne veuille pas contrôler nos âmes, nos cœurs et nos esprits. Non pas marxiste, bolchevique, mais née du même esprit. Pas rouge, mais arc-en-ciel ». Difficile d’être plus clair. 

Il n’en fallait pas moins pour déclencher une tempête estivale parmi les médias polonais, dont plusieurs n’ont pas hésité à partir en campagne contre l’archevêque. Dans le même temps, la station catholique Radio Maryja appelait à envoyer des lettres de soutien au Vatican afin de défendre le prélat. Une foule de 3000 fidèles s’est réunie devant la résidence de l’archevêque de Cracovie pour lui exprimer son soutien. Ce qu'a également fait le président de la conférence épiscopale polonaise, Mgr Stanisław Gądecki.

Pour l’heure, le PiS est donné largement favori de la campagne électorale, un sondage IBRIS le créditant de 41,7% des intentions de vote contre 25% pour la Coalition civique, la première force d’opposition de gauche. Mais il a besoin d’être aiguillonné pour défendre les valeurs de civilisation et de véritable progrès humain, celui du bien, de la vertu et de la vérité qui rend libre des passions viles et basses. 

Puisse la Pologne résister longtemps au mondialisme libertaire et corrupteur des mœurs.