Euthanasie : le Canada décroche la palme de la permissivité

26 Mars, 2020
Provenance: fsspx.news

Un rapport d’experts canadiens met en garde les pouvoirs publics contre un élargissement de l’euthanasie aux personnes atteintes de troubles mentaux. Au mois de mars 2020, si la loi encadrant le suicide assisté n’est pas modifiée, les patients les plus vulnérables risquent fort de voir leurs jours abrégés. 

« Les preuves montrent qu'il est impossible de prédire le caractère irréversible des pathologies mentales », déclare Sonu Gaind, psychiatre de Toronto et coordonnateur du The Expert Advisory Group, un institut d’expertises. Celui-ci a rendu publiques, le 13 février 2020, ses conclusions relatives au Medical Aid in Dying (MAiD), la loi censée réguler le suicide assisté au Canada. 

Pour le praticien, « la société civile croit qu’on aide certains malades à mourir dans le but de soulager les souffrances liées à une maladie incurable, mais en réalité, ils peuvent être euthanasiés sur les simples motifs de solitude, et même de pauvreté (…). Je doute que les Canadiens appuieraient cela en toute connaissance de cause ». 

Le rapport de l'EAG a été publié en réponse aux recommandations d’un autre groupe d’experts - The Halifax Group. Publiées le 30 janvier 2020, ces dernières vont dans le sens d’une euthanasie largement accessible.  

Contrairement au groupe Halifax, l'EAG a cherché à inclure dans son étude ceux qui ont « une expérience vécue de la maladie mentale ». Ainsi, Mark Henick, un membre de l'EAG qui a souffert pendant vingt ans d’un état dépressif, a déclaré, en marge du rapport publié le 13 février, qu’il aurait « choisi de façon certaine de mettre fin à ses jours » grâce au MAiD, si l'option avait été disponible à l’époque : un choix qu’il ne ferait plus depuis qu’il est guéri. 

Pour mémoire, en septembre 2019, la Cour supérieure du Québec avait jugé que le MAiD ne devait pas être uniquement réservé aux personnes atteintes d'une maladie en phase terminale ou d'un « décès raisonnablement prévisible ». 

Le gouvernement fédéral canadien avait alors annoncé qu'il n’interjetterait pas appel de la décision : au mois de mars 2020, la loi sur l’euthanasie élargie aux personnes atteintes d’un trouble mental entrera donc en vigueur. 

L'EAG prévient que les changements à venir feront du Canada « le pays le plus permissif au monde en matière d’aide au suicide, offrant le moins de garanties contre les décès non désirés ».