France : une féministe « candidate à la fonction d’archevêque de Lyon » 

30 Juin, 2020
Provenance: fsspx.news

Titulaire d’une maîtrise de droit et d’une maîtrise de théologie, Anne Soupa, journaliste, théologienne et bibliste, âgée de 73 ans, a annoncé le 25 mai 2020 se porter « candidate à la fonction d’archevêque de Lyon », à la suite de la démission du cardinal Philippe Barbarin.

Elle explique ainsi sa démarche dans son “dossier de candidature” : « Constatant qu’en 2020, dans l’Eglise catholique, aucune femme ne dirige aucun diocèse, aucune femme n’est prêtre, aucune femme n’est diacre, aucune femme ne vote les décisions des synodes ; considérant qu’exclure la moitié de l’humanité est non seulement contraire au message de Jésus-Christ, mais porte tort à l’Eglise, ainsi maintenue dans un entre soi propice aux abus (...), tout m’autorise à me dire capable de candidater au titre d’évêque, tout me rend légitime. Or, tout me l’interdit. Si ma candidature est interdite par le droit canon, c’est tout simplement parce que je suis une femme, que les femmes ne peuvent être prêtres et que seuls les prêtres, en devenant évêques, dirigent l’Eglise catholique ». 

Cofondatrice du Comité de la jupe avec Christine Pedotti (en écho à la déclaration de Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, en 2008 à la Radio chrétienne francophone RCF : “le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête”), Anne Soupa milite pour la promotion de l’égalité des femmes et des hommes au sein de l’Eglise catholique. « Une bonne part de mon geste est de dire aux femmes catholiques : “et pourquoi pas moi ?” », confie-t-elle le 25 mai au magazine Lyon Capitale. Reconnaissant qu’il y a là un « coup médiatique », que « cela ne se fait pas », Anne Soupa veut avant tout « qu’il soit possible d’imaginer qu’une femme puisse devenir archevêque sans que cela relève de la plaisanterie ! ».  

Pourquoi faire acte de candidature précisément à Lyon ? « Parce qu’à Lyon, quatre archevêques successifs, Mgrs (sic) Decourtray, Billé, Balland, Barbarin, ont failli dans leur tâche première, celle de protéger leurs communautés. Les bergers ont laissé les loups entrer dans la bergerie et les prédateurs s’en sont pris aux petits », précise-t-elle dans son communiqué. De plus, « avant de voir arriver un énième évêque issu du même moule, il faut se demander s’il n’y a pas une autre façon de gouverner alors que la puissance de ce que font les femmes au sein de l’Eglise actuellement est extraordinaire », explique-t-elle à Lyon Capitale. Et d’ajouter : « Avec un recrutement de 100 prêtres par an en France, cette base est trop faible pour que la gouvernance soit bonne. » 

Pour Anne Soupa : « On peut vivre en chrétien sans sacrements, on l’a vu pendant le confinement » 

Si une candidature féminine est interdite par le droit canon, « je pense que l’on peut gouverner un diocèse, veiller à la rectitude doctrinale, protéger les plus petits, qui est la mission première de l’évêque, en étant laïque », ajoute la journaliste féministe. « Et je peux être un guide spirituel, sans être directement affectée à la question des sacrements », assure-t-elle. Et de proposer une nouvelle Eglise en marche : « Si un jour une femme devient archevêque de Lyon, les prêtres garderont leur mission des sacrements. Les sacrements ce n’est pas le tout de la vie chrétienne. On peut vivre en chrétien sans ces sacrements, on l’a vu pendant le confinement. » 

« Pourquoi pas une femme ? », demande Anne Soupa. Car, répond-elle, « si nous restons sur cette base de 100 prêtres par an, nous n’y arriverons pas. (…) Et aujourd’hui, c’est une question de survie pour l’Eglise catholique. Ma candidature a aussi quelque chose de dramatique. Ce serait dommage de ne pas ouvrir les yeux. »  

Mais une autre menace justifie, à ses yeux, sa candidature : « Le recrutement est tellement étroit que l’Eglise ne pourra plus représenter personne. C’est aussi parce que ce recrutement est restreint que cette fraction intégrisante (sic) au sein de l’Eglise prend de plus en plus de place. »  

L’Eglise, épouse de Jésus-Christ  

Dans son article « L’Eglise annoncée dans les psaumes » récemment publié sur le site FSSPX.Actualités, l’abbé Patrick Troadec apporte une réponse aux erreurs professées par Anne Soupa, pour qui l’Eglise se confond avec une ONG en mal de recrutement et l’épiscopat avec une direction des ressources humaines.  

L’ancien directeur du séminaire de Flavigny écrit : « Une étude détaillée des psaumes permet d’y reconnaître non seulement la figure du Sauveur, mais aussi celle de l’Eglise qu’il a fondée. Celle-ci est une terre ferme, une vigne, elle est la véritable Jérusalem, ou encore plus précisément l’Epouse de Jésus-Christ. Cette Eglise est reconnaissable par la foi qu’elle professe, par les sacrements qu’elle confère, par l’autorité qui la dirige ; elle est une, sainte, catholique et apostolique. Elle est hiérarchique avec à sa tête le Souverain Pontife qui a pour mission de professer la foi catholique dans son intégrité, de la défendre, de la propager, et de faire en sorte que les évêques et les prêtres communiquent la grâce aux personnes idoines par les sacrements. 

« L’enseignement de l’Eglise est tel qu’il entraîne inéluctablement des oppositions, la vérité débusquant les erreurs et le mensonge, d’où les persécutions que l’Eglise a subies tout au long de son histoire. 

« A la lumière de cette étude, il est possible de mieux saisir la belle définition que le cardinal Joseph Mindszenty a donnée de l’Eglise : “Le Christ est la tête invisible de l’Eglise ; le pape est son représentant visible à Rome. La reine de l’Eglise est la Vierge ; ses armées sont ses anges, ses envoyés les Apôtres, sa milice les saints. Ses bergers sont les évêques ; sa parole, la voix des prêtres consacrés ; ses témoins sont les martyrs ; sa force, les confesseurs ; sa parure, les vierges ; ses enfants, les croyants ; son berceau, le baptême ; ses armes, la confirmation ; son viatique, le Saint-Sacrement. Son jardin est le mariage ; sa richesse, les mérites de Jésus ; son centre est l’unité ; son sceau, la mesure du monde ; ses remparts, les commandements de l’Eglise. Sa joie est la sainteté ; son abomination, le péché ; la terre est pour elle un lieu d’exil ; son destin, la croix ; son but, la vie éternelle ; sa consolation, le repentir ; son allégresse, la présence de Jésus ; son couronnement, la fin des temps ; sa souffrance, le feu éternel ; son triomphe, le Ciel.” (La Mère, miroir de Dieu, Parthénon, Paris, 2017, pp. 280-281) »