A l’heure des formules sans engagement, le Pacs rattrape le mariage

12 Novembre, 2019
Provenance: fsspx.news

Une étude publiée par l’Institut national d’études démographiques (Ined) le 10 octobre 2019, à l’occasion du vingtième anniversaire de la promulgation du Pacte civil de solidarité (Pacs), illustre une hausse significative des Pacs aux dépens du mariage, qui, bien qu’affaibli, demeure, pour l’instant encore, la norme en France. 

Qu’il paraît loin le temps où Christine Boutin ferraillait à l’Assemblée nationale, stigmatisant, au terme d’un discours fleuve de plus de cinq heures prononcé le 3 novembre 1999, un « Pacs érigeant l’homosexualité en norme ». 

« Tout passe, tout fuit », écrivait à juste titre Victor Hugo, et vingt ans après, le Pacs semble être définitivement rentré dans les mœurs des Français, au point de concurrencer l’institution du mariage. 

En effet, à en croire le rapport publié par l’Ined le 10 octobre dernier, qui se base sur les statistiques démographiques de l’année 2018, 235 000 mariages - dont 226 000 entre personnes des sexes différents - ont été conclus, pour 194 000 Pacs.  

Ce que ne mentionne pas l’Ined, c’est le nombre de mariages religieux contractés en France au sein de l’Eglise : leur nombre s’élevait à 50 657 en 2017, contre 122 580 à l’horizon de l’an 2000, une preuve de plus, s’il en était besoin, de l’indifférentisme religieux dont souffre la Fille aînée de l’Eglise. 

Le « mariage, bien qu'affaibli, reste encore la norme » rappelle Wilfried Rault, sociologue à l’Ined, qui souligne que 74 % des personnes vivant en couple sont mariées : une donnée à tempérer puisque ces chiffres ont inclus les générations d’avant 1999, pour qui le Pacs n’avait pas de raison d’être. 

Mais s’il a considérablement contribué à banaliser l’homosexualité dans les mentalités - n’était-ce pas d’ailleurs le but principalement recherché ? - le Pacs ne séduit pas en majorité les personnes de même sexe, loin s’en faut : ainsi en 2018, 96,2% des Pactes civils de solidarité ont été conclus entre un homme et une femme. 

Pour Wilfried Rault, le Pacs est comme l’antichambre d’un mariage, « une première forme d’engagement, l’horizon du mariage étant plus loin ». On devrait plutôt dire un énième succédané du mariage à l’essai qui répugne au contraire à toute notion engagement. 

Les motivations pécuniaires, d’ordre juridique, fiscal ou administratif, ne sont pas pour rien dans cette hausse des Pacs : « les trois quarts des ‘pacsés’ mentionnent des aspects instrumentaux », reconnaît le sociologue de l’Ined. 

Auri sacra fames, « exécrable soif d’or » que dénonçait déjà Virgile au siècle d’Auguste.