L’Irlande catholique résiste

18 Janvier, 2019
Provenance: fsspx.news

Si la société irlandaise s’est largement sécularisée, comme le montrent les résultats du récent référendum menant à la légalisation de l’avortement, une minorité active et fière de ses racines chrétiennes, semble s’être désormais levée. 

C’est l’avis de Kim Bielenberg qui est revenu le 12 janvier 2019, dans les colonnes de The Independant, sur deux manifestations ayant eu lieu à Drogheda, petite ville portuaire et industrielle du comté de Louth, sur la côte est de l'Irlande, à 56 km au nord de Dublin. 

Le lundi 7 janvier, des catholiques étaient venus par centaines afin de protester contre une décision émanant de la direction de l’hôpital de la ville, souhaitant substituer au nom actuel de l’établissement - Notre-Dame-de-Lourdes - une dénomination sans référence à la religion catholique. 

« Nous sommes balayés par une vague qui érode et méprise la chrétienté », déplorait l’un des manifestants, Charles Byrne. Pour ce professeur de musique qui estime qu’il y a un plan précis cherchant à effacer le passé catholique de l’Irlande, pas question de rester sans rien faire : quelques jours plus tard, Charles Byrne retournait à l’hôpital pour manifester cette fois contre le premier avortement légal du pays qui devait y être commis. 

Ces dernières années, remarque Kim Bielenberg, la marche en avant vers une Irlande libérale et plus laïque pouvait sembler implacable : mais si l'Irlande libérale a remporté toutes les grandes batailles contre l'Eglise, il existe désormais un ferment de résistance. 

Pour nombre de catholiques, la légalisation de l’avortement a joué le rôle d’un électrochoc. 

Si le Taoiseach – terme désignant le Premier ministre en gaëlique - Leo Varadkar a cru que la bataille de l'avortement était gagné depuis la victoire du oui au référendum, celui-ci pourrait s’être lourdement trompé : face aux manifestations à répétition, le gouvernement doit  désormais présenter en urgence un projet de loi sur les zones d’accès proches des avortoirs où toute protestation serait interdite. 

« Ce n’est pas nous qui avons déclenché la guerre », répond de son côté Charles Byrne, bien décidé à ne rien lâcher, afin de « mettre fin à l’avortement et à la laïcisation rampante de l’Irlande ».