L’Irlande dans la spirale du mensonge

15 Mars, 2019
Provenance: fsspx.news
"Leinster house" à dublin, la chambre basse des députés irlandais.

Un député irlandais propose d’élargir la prise en charge de l’avortement légal, en étendant le système du congé parental aux femmes ayant recours à une interruption volontaire de grossesse. 

Dans le domaine de la chute des corps, la physique démontre qu’un objet est animé d'un mouvement rectiligne uniformément accéléré, si sa trajectoire décrit une droite et si son accélération reste constante : autrement dit, plus on tombe de haut, plus les dégâts sont importants. 

C’est ce qu’est en train d’expérimenter l’Irlande, qui, en l’espace de quelques années, connaît une sécularisation accélérée, tristement illustrée par le « oui » massif des Irlandais lors du référendum sur la légalisation de l’avortement, le 25 mai 2018. 

Dans la foulée, un député indépendant siégeant à la chambre basse du Parlement de Dublin, vient de proposer que les femmes qui font le choix d’avorter puissent bénéficier d’un dispositif analogue à celui du congé maternité. 

Jusqu’ici, la femme qui avorte dépose, sans en expliquer le motif, un arrêt de maladie, qui n’est pas automatiquement indemnisé par l’employeur, « ce qui confronte trop de femmes à une baisse significative de leurs revenus », déplore Thomas Pringle, député du Donegal. Aussi souhaite-t-il rien moins qu’« étendre le dispositif relatif à la prise en charge de la maternité » à l’avortement, comme le rapporte The Independant, le 2 mars 2019. 

Maeve McElwee, directrice des ressources humaines chez Ibec, le plus grand acteur de l’industrie en Irlande, fait montre d’un certain scepticisme devant cette proposition, non en raison d’un souci de protection de la vie à naître, mais au motif que « les femmes devront alors révéler à leur employeur la raison de leur congé », déclare-t-elle. Au risque de voir surgir le spectre de la discrimination, ce péché capital des sociétés sécularisées. 

Le Chargé de l’égalité au sein du Congrès des syndicats irlandais, Davide Joyce, a qualifié en revanche « d’intéressante » la proposition du député : nul doute que les choses ne vont pas en rester là. 

« Tout acte mensonger peut en entraîner un autre ». Ce principe reconnu appelé spirale du mensonge, a déjà été confirmé par les neurosciences : il serait donc inutile et fâcheux que l’Irlande étendît les droits sociaux de la maternité à l’avortement, pour en faire une nouvelle fois l’amère expérience.