L’Irlande à l’épreuve de la laïcité

12 Mars, 2019
Provenance: fsspx.news

Un rapport publié par le ministère de la Santé irlandais met en cause le bien-fondé de la présence de symboles catholiques dans les établissements publics de soins. 

Jusqu’au 28 février 2019, les hôpitaux catholiques irlandais s’inquiétaient peu des crucifix et autres symboles religieux présents entre leurs murs.  

Mais un rapport publié ce jour-là par le ministère de la Santé pourrait bien mettre le feu aux poudres dans les douze hôpitaux qui sont, de près ou de loin, gérés par l’Eglise, et qui reçoivent 1,34 milliard d’euros de fonds publics : de quoi attiser bien des intérêts. 

Se basant sur un « nombre important de personnes consultées » estimant que l’identité religieuse des établissements sanitaires apparaît de façon trop « ostensible », le rapport ministériel publié le 28 février adresse un message au ton patelin : « Nous recommandons aux organisations de prendre davantage conscience de l’impact de l’environnement visuel sur leurs usagers, et de faire tous leurs efforts afin de respecter les opinions du plus grand nombre, dans toute la mesure du possible. » Telle est la « recommandation 7.2 » que le ministère de la Santé adresse aux établissements de soins. 

Il n’en fallait pas moins pour ranimer la question brûlante de la visibilité de l’Eglise catholique dans l’espace public, à l’heure où l’institution ecclésiastique est remise en cause, en partriculier depuis le désaveu du 25 mai 2018 à l'occasion du référendum sur l’avortement.

Le Premier ministre Leo Varadkar a toutefois précisé au micro de NewsTalk, le jour même de la publication du rapport ministériel, que le gouvernement ne prévoyait pas pour l’instant d'obliger les hôpitaux catholiques à supprimer les signes religieux : « il n'est pas question d’une campagne gouvernementale pour ôter les crucifix, les statues de la Vierge ou les crèches », a-t-il tempéré. 

Le chef de l’exécutif a néanmoins prévenu : « il s’agit d’un message adressé aux organisations caritatives et aux associations bénévoles qui gèrent les hôpitaux et les écoles, afin qu’elles puissent tenir compte de ces éléments ». Ce « message » sonne en forme d’avertissement dans la bouche d’un Taoiseach (chef du gouvernement, en gaélique irlandais) qui, depuis son arrivée au pouvoir, s’est fait fort de « moderniser » le pays, en lui faisant adopter la législation sécularisée de ses principaux partenaires européens. 

Une posture que Leo Varadkar juge d’autant plus légitime que le spectre d’un Brexit britannique fait craindre à l’Irlande un isolement par ricochet, que son gouvernement entend bien briser. Au mépris des droits de Dieu et de son Eglise.