JMJ de Panama : la fin du gigantisme

29 Janvier, 2019
Provenance: fsspx.news
Le pape François arrive au Metro Park pour célébrer la messe de clôture des JMJ, dimanche, à Panama City.

Les 34es Journées mondiales de la jeunesse se sont déroulées au Panama du 22 au 27 janvier 2019 : inaugurées par Jean-Paul II en 1985, les JMJ de 2019 sont passées relativement inaperçues dans le flux des informations quotidiennes. FSSPX.Actualités propose quelques premiers éléments de réflexion. 

Un commentaire de l’archevêque de Rouen résume les JMJ qui viennent de s’achever : « on est sorti d’un certain gigantisme qui avait ses limites », a noté Mgr Dominique Lebrun. Et nul n’ignore que la quantité n’est pas un gage de qualité. 

Le site officiel du Saint-Siège le reconnait lui-même sans avancer de chiffres : « en termes purement numériques, elles (les JMJ de 2019) ne peuvent se comparer à celles de Manille, Rome, Rio ou Cracovie, qui avaient drainé des foules impressionnantes ». 

Ce 26e voyage apostolique a permis au pape François de délivrer son message en trois directions. 

- celle des jeunes tout d’abord, en face desquels le Saint-Père a décrit les maux de l’époque actuelle : « cri étouffé des enfants que l’on empêche de naître », « spirale de la mort de la drogue et de la prostitution », mise en garde contre les dangers de vivre dans le monde virtuel d’internet. Devant ces maux quotidiens, a déploré le pape, « le monde reste indifférent et consomme le drame de sa propre frivolité ». 

- celle des évêques, qui se sont réunis à 70, le 24 janvier, pour écouter ce que le pape avait à leur dire concernant les violences politique et sociale qui, avec la misère économique, frappent le continent sud-américain, sans parler de la prolifération croissante des sectes évangéliques qui gagnent de plus en plus les jeunes. 

« Soutenir et renforcer vos jeunes (…) avant que la culture de mort, en leur vendant de la fumée et des solutions magiques, ne s’empare et ne profite de leur esprit (…) Obstinez-vous et élevez la voix contre la désertification culturelle et spirituelle de vos peuples », a déclaré le souverain pontife à l’adresse des prélats. 

- celle des prêtres, enfin, rencontrés le 26 janvier devant lesquels le pape, faisant référence à la baisse des vocations, a reconnu que les fatigues de l’apostolat pouvaient être la cause d’une « lassitude paralysante », source des pires maux, et qui provient de « ne pas savoir comment réagir face à l'intensité et à la perplexité des changements (qui) mettent en question, dans de nombreux cas, la possibilité même de la vie religieuse dans le monde d’aujourd’hui. » 

La fidélité à la Tradition de l’Eglise, l’approfondissement de la foi et des mystères du salut, l’urgence de faire rayonner davantage le règne social du Christ… Autant de points qui auraient pu être évoqués comme des phares permettant d’éviter l’écueil des maux menaçant la société contemporaine, maux que le Vicaire du Christ s’est surtout contenté de décrire. 

Aussi, bien qu’exhortés à l’engagement, par un pape enthousiaste, « beaucoup de jeunes ne savent encore comment (cet) appel à s’engager va se traduire dans leur vie, une fois rentrés », résume Nicolas Senèze dans les colonnes de La Croix