Jour de grâces à Cotignac

18 Mars, 2019
Provenance: fsspx.news

En ce dimanche 10 mars, le ciel de Provence verse généreusement sa lumière sur le terre-plein qui jouxte le sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac et fait face à la chapelle Saint-Bernard. Le ciel est d’un bleu intense, orné de quelques petits nuages blancs et légers. Cet endroit unique au monde, où successivement la Vierge portant l’Enfant-Jésus et saint Joseph sont apparus, est entré depuis décembre 2018 dans son année jubilaire pour les 500 ans des deux apparitions de Notre-Dame à Jean de la Baume, les 10 et 11 août 1519. Accompagnée de sainte Catherine, de saint Bernard et de l’archange saint Michel, elle demanda qu’on la prie sous le vocable de Notre-Dame de Grâces. « Allez dire au clergé… de me bâtir ici-même une église… et qu’on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre. »

Les pèlerins, chargés de leurs intentions personnelles et de celles que leurs proches leur ont confiées, viennent chercher l’indulgence plénière attachée cette année au sanctuaire.

Depuis sept heures du matin, ils affluent, de la France entière, ils viennent pour la messe solennelle qui sera célébrée en plein air à 9h30 par le Supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pie X, l’abbé Benoît de Jorna, assisté de l’abbé Louis-Paul Dubroeucq et de l’abbé Daniel Vigne. La logistique est orchestrée par Patrick Portron, qui mène ses équipes de paroissiens de Saint-Pré sans accroc. Entre autres, un service de navettes permet de garer les véhicules auprès du sanctuaire de Saint-Joseph du Bessillon et de se rassembler auprès de Notre-Dame, à trois kilomètres de là, pour la messe.

Sur ces lieux où, en 1659, le jeune Louis XIV s’est rendu en pèlerinage afin de rendre grâces pour sa naissance miraculeuse, l’autel – généreusement apporté de Belgique – s’adosse à une tenture fleurdelisée ; de part et d’autre, les statues de saint Joseph et de la Sainte Vierge semblent accueillir les fidèles. Bientôt d’ardentes voix de jeunes garçons accompagnent la procession d’entrée, c’est un Ave Maris Stella de Monteverdi chanté par la chorale de l’école Saint-Joseph-des-Carmes sous la direction de l’abbé Eric Péron. Le service de messe est assuré par des élèves de la même école.

Les premiers rangs sont occupés par la quarantaine de Dominicaines du Saint-Nom de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, des écoles de Brignoles et d’Avignon, par les Sœurs de la Fraternité Saint-Pie X de l’école Saint-Ferréol de Marseille, et par la religieuse du prieuré de Toulon. Puis, ce sont des familles avec des enfants grands et petits, des étudiants, de jeunes actifs, des retraités, des grands-parents. Etaient également présents treize prêtres et trois frères. 

L’abbé de Jorna prêche sur la maternité divine de la Vierge Marie, source de la grandeur de notre Reine.

Après le Cum Sancto Spiritu de Monteverdi qui clôt la messe, on reste sur place pour le déjeuner tiré du sac, puis le millier de pèlerins bien restauré entame, chapitre par chapitre, le parcours jubilaire, en récitant et en chantant le chapelet. D’abord en empruntant sept pergolas illustrant les sept dons du Saint-Esprit à travers de belles figures des XIXe et XXe siècles : Padre Pio, Maximilien Kolbe, Elisabeth de la Trinité, Louis et Zélie Martin… Puis en face et en contrebas de la basilique Notre-Dame de Grâces, un escalier de pierre nous fait passer par la porte jubilaire avant d’arriver à la Vierge qui porte l’Enfant, la lune sous ses pieds. Après un court passage dans la basilique, chaque groupe rejoint la chapelle Saint-Bernard et se rend en procession au monastère Saint-Joseph du Bessillon.

A l’image du chemin de la vie, la marche est courte, mais semée de péripéties ; c’est d’abord un pierrier pentu et raviné dont les cailloux roulent facilement, puis le chemin s’étrécit, parfois plat, parfois même sablonneux, tantôt ombragé de pins et bordé de fleurs, tantôt aride, et les derniers virages ne sont pas les plus faciles. A l’arrivée, saint Joseph et sa source miraculeuse nous reçoivent pour les dernières prières, puis on redescend au parc de stationnement des cars et voitures, une sorte de placette située sous le monastère. On y attend que tous les groupes soient passés car la colonne s’étire au fil de la montée. On y retrouve famille et amis, on fait connaissance, on échange intentions et nouvelles, on prend un flacon d’eau de la source miraculeuse que saint Joseph fit jaillir le 7 juin 1660 pour le jeune berger Gaspard Ricard. Vers 16h30, l’abbé de Jorna donne la bénédiction qui clôt cette belle journée de pèlerinage, et chacun rentre chez soi. 

Merci, Notre-Dame, pour toutes ces grâces !
Blandine Guérin