La Californie va bafouer la loi divine… et le premier amendement de la Constitution ?

28 Mai, 2019
Provenance: fsspx.news

 

Le Sénat de l’Etat de Californie a adopté le 23 mai 2019, en troisième lecture, un projet de loi rédigé par le sénateur démocrate Jerry Hill (projet SB 360), qui s’attaque au secret du sacrement de confession. Le projet peut désormais faire l’objet d’un vote en assemblée, et constituerait - s’il était adopté - la première ingérence de la législation américaine dans le secret du confessionnal. 

Cette loi considère les prêtres comme des « rapporteurs obligatoires », parmi de nombreuses autres catégories de personnes : ce qui signifie qu’ils ont le devoir de signaler toute maltraitance ou abus à l’égard d’enfants dont ils auraient connaissance. Jusqu’à présent, les « connaissances acquises au cours d’une confession » faisaient exception. 

Ce ne serait plus le cas : 1) lorsque le prêtre a appris la chose à la fois au for interne (dans le confessionnal) et au for externe (confidence hors du confessionnal) ; 2) lorsque le prêtre a confessé un employé de la paroisse ; 3) enfin lorsque le prêtre a confessé un membre du clergé. Cette disposition est évidemment une réponse aux scandales commis par des clercs indignes, largement médiatisés ces dernières années. 

Une stigmatisation indue 

Ce feu vert du Sénat a été vivement critiqué par les autorités de l’Eglise. L’archevêque de Los Angeles, Mgr Joseph Gomez, a souligné que le sénateur Jerry Hill, parrain du projet de loi SB 360, a affirmé de manière péremptoire que « le privilège de la confession avait été outrepassé à grande échelle, aboutissant à la maltraitance systématique et non signalée de milliers d’enfants appartenant à diverses dénominations [chrétiennes] ». Or aucun cas n’a pu être présenté comme preuve que ce crime aurait pu être évité, si un prêtre avait violé le secret de confession. Et cela parce que les prédateurs tiennent leurs actes secrets, et qu’ils ne confessent pas leurs agissements criminels aux prêtres. 

L’archevêque s’interroge : pourquoi le projet de loi vise-t-il uniquement les prêtres catholiques et, en particulier, les prêtres qui entendent des confessions ? « Il est beaucoup plus probable, affirme-t-il, que les journalistes et les avocats reçoivent des aveux concernant de tels crimes. Pourtant, le projet de loi ne propose pas de supprimer le privilège qui lie l’avocat à son client, ni la protection des sources journalistiques ». Sans vouloir incriminer ces deux groupes, Mgr Gomez estime que le projet de loi n’a rien à voir avec la protection des enfants, mais cherche à paralyser l’Eglise dans ses moyens de salut les plus puissants : le sacerdoce catholique et le sacrement de la confession. 

Mgr Robert Barron, évêque auxiliaire de Mgr Gomez, expose le terrible dilemme auquel les prêtres seraient bientôt confrontés, car « il seraient menacés de poursuites et d’emprisonnement, d’un côté, ou d’excommunication formelle, de l’autre ». De plus, ce serait un jeu d’enfant pour les fauteurs de troubles d’utiliser la législation afin de traquer les prêtres qu’ils voudraient cibler.  

En outre, la SB 360 ne serait-elle pas le prélude à d’autres violations ? S’il devient nécessaire de signaler les cas [accusés au confessionnal] de maltraitance d’enfant, pourquoi ne pas y ajouter d’autres crimes comme le meurtre, le viol, ou encore de graves violences conjugales ? 

Cela fait longtemps que le gouvernement laïc, tant au niveau fédéral que californien, s’efforce d’infléchir l'enseignement dans les écoles catholiques (éducation sexuelle, idéologie du genre...) et s’ingère dans la pratique des hôpitaux catholiques (avortement, PMA...), toujours dans un sens contraire au droit divin et au droit de l’Eglise. 

Mais avec ce nouveau projet de loi, c’est le sacrement que Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même a institué, qui est attaqué. Si cette loi est adoptée, nous verrons l’Etat s’arroger un pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu... et fouler aux pieds le premier amendement de la Constitution américaine qui stipule que : « Le Congrès ne pourra faire aucune loi ayant pour objet l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice ».