La pastorale de la chatière

19 Juin, 2018
Provenance: fsspx.news
Cardinal Reinhard Marx.

Le 3 mai 2018, aux évêques allemands divisés sur l’admission à la communion des protestants mariés à des catholiques, le pape François avait demandé « de trouver, dans un esprit de communion ecclésiale, un résultat si possible unanime ». Sans faire le moindre rappel de la doctrine catholique sur l’intercommunion.

Ce 5 juin, Mgr Luis Francisco Ladaria Ferrer, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a adressé au cardinal Reinhard Marx, président de la Conférence épiscopale allemande, une lettre où il affirme, de la part du pape, que le projet d’admettre à la communion des conjoints protestants, « n’est pas mûr pour être publié ». Au lieu d’un rappel doctrinal plus que nécessaire, cette lettre se contente de mettre en avant une publication prématurée, laissant entendre qu’une maturation n’est pas exclue... Le sens de la foi considère, au contraire, que ce projet d’intercommunion est bien trop mûr, fruit d’une théologie ramollie et passablement décomposée.

Un peu plus loin dans la lettre de Mgr Ladaria, on trouve cette expression : « Il semble en particulier opportun de laisser l’évêque diocésain juger de l’existence d’une “grave nécessité” ». Est-ce à dire qu’un évêque pourra au nom d’une « grave nécessité » – nécessairement « pastorale » et « miséricordieuse » –, s’affranchir dans son diocèse de la doctrine et de la discipline universelles ? Cette ouverture est, en fait, une brèche dans l’unité de l’Eglise. En termes de marine, on parle de trou sous la ligne de flottaison, signe annonciateur d’un naufrage certain.

Une fois de plus, nous avons là une illustration typique de cette « pastorale de la chatière », en vogue depuis le concile Vatican II. La porte semble fermée, mais on a pratiqué une ouverture en bas, afin de laisser passer le chat. Nul doute que le cardinal Marx, Raminagrobis crossé et mitré, « arbitre expert sur tous les cas », ne passe par la chatière pastorale, en laissant la porte doctrinale close.

Abbé Alain Lorans