La subversion syncrétiste de la Conférence épiscopale italienne

04 Novembre, 2019
Provenance: fsspx.news

Le syncrétisme désigne la réunion ou la fusion de doctrines issues de diverses religions, ou encore le rapprochement de cultes d’origine diverses, comme le pratiquait par exemple le paganisme romain en assimilant des éléments religieux issus des pays conquis. 

Un mot sur le syncrétisme 

Du point de vue catholique, le syncrétisme désigne l’introduction d’éléments étrangers dans la doctrine ou le culte de l’Eglise. Les apôtres et les missionnaires ont souvent dû combattre cette tendance pernicieuse chez les peuples récemment convertis, et ceci dès les débuts de l’histoire de l’Eglise. Un exemple célèbre est relaté dans le Nouveau Testament, lorsque des Juifs convertis voulurent continuer à pratiquer la Loi ancienne. Il fallut l’énergie d’un saint Paul pour faire cesser cette déviation qui menaçait de corrompre la vraie religion, celle des « adorateurs en esprit et en vérité » (cf. Jn 4, 23), désormais libérés des prescriptions mosaïques. 

Au cours des âges, le danger syncrétiste se présenta régulièrement, aussi bien dans les pays d’Europe que sur les autres continents. Des missionnaires payèrent de leur vie leur zèle pour la pureté de la doctrine et du culte auprès de populations insuffisamment converties qui ne voulaient pas abandonner certaines coutumes païennes. 

En Amérique du sud comme ailleurs, l’Eglise a toujours lutté contre les divers cultes idolâtres en interdisant aux fidèles toute action ou toute participation à ce qui s’oppose à la foi ou à la discipline ecclésiastique. Mais c’était avant l’arrivée de la théologie de la libération et de ses succédanés, comme la théologie indienne. 

Les principes engagés 

L’Eglise se montre particulièrement sévère et vigilante pour préserver la pureté de la foi. Elle a lutté durant son histoire contre un nombre considérable d’hérésies, de déviations, de compromissions ou d’introductions d’éléments étrangers dans sa doctrine. La raison est obvie : la foi est une révélation, surnaturelle, d’origine divine, qu’il n’appartient à personne de changer ou d’altérer. Elle a été donnée aux hommes par Jésus-Christ, le Fils de Dieu incarné, et par tous ceux qui lui sont associés, aussi bien dans l’Ancien Testament, spécialement chez les prophètes, que dans le Nouveau à travers les Apôtres. 

Cette doctrine qui vient du Ciel, donnée par Dieu, est absolument intouchable. Nul ne saurait ajouter ou retrancher à ce que Dieu lui-même a révélé. Il y a d’ailleurs une menace explicite de Dieu à ce sujet, dans le livre de l’Apocalypse : « Je déclare aussi à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre que, si quelqu’un y ajoute, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre ; et que, si quelqu’un retranche des paroles de ce livre prophétique, Dieu lui retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la cité sainte, qui sont décrits dans ce livre » (Ap 22, 18-19). 

Il en est de même quant au culte, qui est l’expression de la foi selon la formule bien connue de saint Prosper d’Aquitaine : « Legem credendi lex statuat supplicandi », « La loi de la foi fonde la loi de la prière ». C’est pourquoi l’Eglise est extrêmement jalouse de la pureté du culte divin. Lorsque les rites des sacrements sont célébrés, la confession de la vraie foi en Dieu et en Jésus-Christ est en jeu. C’est pourquoi tous les éléments qui les composent doivent être attentivement choisis pour que cette confession soit droite, pure et intègre. 

« Missio » et la propagande syncrétiste des évêques italiens 

La Conférence épiscopale italienne comprend un organisme pastoral consacré aux missions étrangères dénommé Missio. Cet organisme a publié en avril 2019 une brochure en ligne pour aider les fidèles à préparer le synode sur l’Amazonie. Elle contient de nombreuses informations sur l’Amazonie, sa terre, ses peuples, et bien sûr sur l’Eglise en terre amazonienne, avec « ses témoins et ses martyrs ». 

En page 17 de ce document se trouve la prière suivante : « Pachamama de ces lieux, bois et mange à volonté cette offrande, afin que cette terre soit féconde. Pachamama, bonne Mère, sois propice ! Sois propice ! Veillez à ce que les bœufs marchent bien et qu’ils ne se fatiguent pas. Faites bien pousser la graine, pour qu’il ne lui arrive rien de mal, pour que le gel ne la détruise pas, pour qu’elle produise de la bonne nourriture. Nous vous demandons : donnez-nous tout. Soyez propice ! Soyez propice ! » Telle est la prière à la Terre Mère des peuples Incas que la brochure présente à ses lecteurs. 

Cette prière balaie les explications avancées par le Vatican pour tenter de parer l’accusation d’avoir encouragé, lors du synode sur l’Amazonie, des cultes idolâtriques. En effet, l’on ne demande pas à une abstraction ou à symbole d’être propice. Quant à la Terre à laquelle s’adresse cette prière, elle n’est pas notre mère. Elle est une créature, qui sera un jour notre tombeau. 

Demeurent plusieurs questions. Que vient faire une prière idolâtrique dans un bulletin catholique missionnaire ? La typographie la met en évidence à l’égal d’autres prières citées, telle la prière finale à Dieu, Un et Trine, insérée à la fin de l’encyclique Laudato si’. La prière à une idole païenne est mise sur le même pied que la prière chrétienne. 

La conférence épiscopale italienne voudrait-elle suggérer que les catholiques d’Amazonie usent de cette prière ? Qu’ils vivent dans un si grossier syncrétisme qu’ils ne voient aucun inconvénient à la réciter ? Que l’on peut impunément mettre à égalité, dans une publication épiscopale officielle, Dieu et la Pachamama ? 

Les évêques italiens veulent-ils enfin proposer à leurs fidèles d’adopter ce syncrétisme en offrant des prières à la déesse sudaméricaine ? Veulent-ils, au rebours de leurs prédécesseurs qui furent de vaillants prédicateurs de la foi, revenir à une sorte de polythéisme ? Le site infoCatólica rapporte en effet que la paroisse Sacro Cuore di Gesù de Vérone, a utilisé cette prière lors d’une veillée missionnaire, le vendredi 25 octobre 2019, dûment annoncée par la paroisse. Un journal local, le Corriere del Veneto du 29 octobre, fait état de protestations auprès de l’évêque du lieu. 

Quand l’exemple vient de haut 

Ces manifestations syncrétistes où des rites païens se mêlent au culte catholique ou coexistent avec lui ne sont pas sans rappeler le scandale d’Assise, en 1986. Organisée par le pape Jean-Paul II le 27 octobre 1986, cette journée de prière pour la paix avait vu le vicaire du Christ mettre à la disposition des représentants des fausses religions plusieurs lieux de culte. La manifestation la plus scandaleuse fut sans doute l’installation par un groupe de bouddhistes d’une monstrueuse statue de Bouddha sur le tabernacle de l’église Saint-Pierre, à Assise. 

C’est dans la journée d’Assise, qui fut une affreuse humiliation de la sainte Eglise, qu’il faut chercher l’origine du relativisme doctrinal et liturgique actuel. La paganisation des esprits y trouve sa source, même si elle se fait plus visible aujourd’hui. 

Un évêque fait naufrage dans la foi 

Mgr Erwin Kraütler, longtemps évêque de Xingu au Brésil, figure de proue du progressisme et considéré comme un « martyr vivant » (sic) de la forêt et des peuples autochtones, offre un modèle incontournable de cette paganisation des esprits. Dans un entretien au Tagespost, il considère les idoles de la Pachamama comme « une expression des peuples indigènes » qui pourrait être « intégrée dans notre liturgie ». Lors du synode sur l’Amazonie à Rome, ceux qui ont apporté ces statues sont « des chrétiens catholiques qui sont loin de les vénérer comme des divinités. C’est un symbole de fertilité. [Symbole auquel ils ont rendu un culte, faut-il le rappeler.] Et si pour beaucoup c’est une divinité, alors c’est une attaque contre l’âme d’un peuple que de les jeter dans le Tibre ». 

Voilà comment Mgr Kraütler insulte la mémoire de la multitude innombrable des martyrs, qui ont offert leur vie pour avoir refusé de vénérer des idoles, ou qui n’ont pas hésité à les détruire lorsque les peuples évangélisés continuaient de se tourner vers elles. C’est toute la tradition catholique que cet évêque émérite ignore, méprise et attaque. C’est ainsi qu’un évêque ayant fait naufrage dans la foi quelque part du côté du Rio Xingu, la détruit dans l’âme des fidèles. Aveugle et conducteur d’aveugles.