Le cardinal Burke met en garde contre la déconstruction ecclésiale

11 Décembre, 2018
Provenance: fsspx.news

Le cardinal Raymond Burke considère que la synodalité telle qu’elle a été abordée lors du récent Synode pour les jeunes, est une notion hétérodoxe suggérant l’émergence d'une Eglise nouvelle où l’autorité du pape n’a plus sa place. 

« C’est devenu comme un slogan, censé suggérer une nouvelle église démocratique, dans laquelle l’autorité du pontife romain s’en trouve relativisée, diminuée sinon détruite », avertit le cardinal lors d’un entretien en anglais paru le 4 décembre 2018. 

L’ancien préfet du tribunal de la Signature apostolique a expliqué que les synodes des évêques avaient été institués au cours de l’histoire pour réaffirmer les enseignements de l’Eglise, mais en aucun cas pour enseigner une doctrine nouvelle. 

« Il existait dans l’Eglise latine la notion de synode – au niveau du diocèse, de la province ecclésiastique, ou même au niveau national – afin de trouver des moyens d’enseigner plus efficacement la foi catholique et de promouvoir la discipline appropriée », précise le cardinal. Et de définir un synode comme « une réunion des évêques qui assiste le pape pour voir comment enseigner la foi plus efficacement et comment promouvoir une vie chrétienne plus fidèle, dans le respect de la discipline de l’Eglise ». 

A l’inverse, la moderne notion de synodalité consiste en une forme de « déconstruction ecclésiale », qu’une partie de la hiérarchie considère comme un « nouveau paradigme ». 

Le cardinal Burke martèle au contraire que « l’Eglise catholique est une réalité organique, qui vit de la grâce qui nous vient de Notre Seigneur Lui-même. Il a constitué l'Eglise une fois pour toutes sur des fondements immuables : une seule foi avec les sacrements, une seule discipline, un seul gouvernement. Ces choses doivent maintenant être rappelées de façon très claire », a-t-il conclu. 

Bien avant le cardinal Burke, le pape saint Pie X avait alerté contre les menées des modernistes et leur manie réformatrice qui voulaient faire tourner le gouvernement de l’Eglise dans le sens de la démocratie. Cette page tirée de l’encyclique Pascendi Dominici gregis (8 septembre 1907) permet de reconnaître l’action du réformateur moderniste dans le gouvernement de l’Eglise : 

« Que le gouvernement ecclésiastique soit réformé dans toutes ses branches, surtout la disciplinaire et la dogmatique. Que son esprit, que ses procédés extérieurs soient mis en harmonie avec la conscience, qui tourne à la démocratie ; qu’une part soit donc faite dans le gouvernement au clergé inférieur et même aux laïques ; que l’autorité soit décentralisée ». 

Cette décentralisation a été promue par la collégialité mise en œuvre par le concile Vatican II et la constitution Lumen gentium. La déconstruction ecclésiale dont parle le cardinal Burke y puise sa source et son dynamisme.