Le cardinal George Alencherry inculpé par la justice du Kerala

10 Septembre, 2019
Provenance: fsspx.news

Après avoir été réintégré comme archevêque du diocèse syro-malabar d’Ernakulam-Angamali (Kerala) le 27 juin 2019, le cardinal George Alencherry vient d’être une nouvelle fois démis de ses fonctions par le Vatican, le 30 août 2019. Le 24 août précédent, l’Etat du Kerala (Inde) avait annoncé que le cardinal serait poursuivi par la justice, pour une série de malversations financières. 

L’éparchie d’Ernakulam-Angalami n’en finit pas de se déchirer. Cette Eglise catholique de rite oriental est la plus importante en Inde, avec plus de trente diocèses - ou énarchies - et plus de cinq millions de fidèles. Son siège est à Ernakulam, dans la banlieue de Cochin, dans le Kerala, le sud de l’Inde. 

En juin 2018, le cardinal George Alencherry, archevêque majeur de l’Eglise syro-malabare avait été démis de ses fonctions et convoqué à Rome. Un groupe de prêtres l’accusait de susciter de profondes divisions dans le presbyterium, mais surtout d’avoir procédé à la vente opaque d’un terrain, transaction effectuée selon eux à des fins personnelles, et qui aurait fait perdre l’équivalent de 8,7 millions d’euros à l’éparchie. 

Réintégré en juin 2019 par le Vatican, le prélat indien continuait depuis plusieurs semaines à subir la fronde de 450 prêtres refusant obstinément de lui obéir. 

Une inculpation pour fraude financière 

Le 24 août, nouveau coup de tonnerre dans le ciel du Kerala : le tribunal principal de cet Etat indien a annoncé que le cardinal serait inculpé - en même temps que l’économe du diocèse - pour fraude financière. 

La position de Mgr Alencherry étant devenue intenable, le Saint-Siège a confirmé le 30 août la nomination de Mgr Anthony Karayil comme vicaire de l’éparchie d’Ernakulam, avec rang d’archevêque. 

Le cardinal reste officiellement l’ordinaire du lieu - son nom doit continuer à être cité au canon de la messe après celui du souverain pontife - mais il n’a plus le droit d’exercer dans les faits son autorité sur l’Eglise syro-malabare, pas plus que sur son diocèse. 

Le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les églises orientales, dans une lettre datée du 29 août 2019 expliquait que des « changements administratifs » étaient en cours afin de trouver « une solution durable et adéquate » à la crise.