Le coronavirus ou le mondialisme ébranlé

23 Mars, 2020
Provenance: fsspx.news

Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire français Valeurs Actuelles publié le 18 mars 2020, Philippe de Villiers, écrivain en retrait du monde politique, analyse certaines des conséquences de la crise du coronavirus, en France et dans le monde. 

En fin analyste du monde politique qu’il observe depuis la Vendée, Philippe de Villiers affirme que « l’idéologie mondialiste est en train de mourir du coronavirus ». Dès lors que la mort se met en effet à rôder, « les zombies des organisations internationales n’ont plus rien à dire - et d’ailleurs on ne les consulte plus. C’est le grand retour au carré magique de la survie », explique l’ancien député européen. 

Un autre signe de l’ébranlement - peut-être ultime – des sociétés qui ont repoussé Dieu et la loi naturelle, réside, selon Philippe de Villiers, dans un réflexe a priori étonnant de recours à la famille, « puisque que quand on décide de confiner un pays », explique-t-il, « la ‘République de la PMA’ ne confie pas les enfants des écoles aux fonds de pension, mais aux pépés et mémés (sic). »  

Interrogé sur le fait que les catholiques ne peuvent plus assister à la messe en raison du confinement, l’inventeur du Puy du Fou entrevoit un « renversement symbolique de tous les paradigmes de la chrétienté millénaire ». 

En effet, autrefois, « quand il y avait un grand malheur dans la cité, jusqu’à Paul Reynaud en 1940 qui alla à pied réclamer un miracle à Notre-Dame, on se précipitait dans les églises. Les curés se promenaient avec le Saint Sacrement, aspergeaient les rues et les malades, les appels à la prière étaient partout ». 

Et l’auteur du « Roman de saint Louis » de citer l’exemple du fils de Blanche de Castille, qui, à Royaumont - abbaye de fondation royale - « apportait lui-même à manger au frère Liger, qui était un lépreux décharné et sur le visage duquel voyageaient toutes les répugnances de la nature. C’était peut-être excessif mais c’était beau. C’était enté sur l’idée que la vie est un mystère qui nous est confié en dépôt. La religion était centrale. (Désormais), elle est périphérique ». 

« Aujourd’hui », déplore-t-il, « les communiqués épiscopaux ont revêtu à leur tour la phraséologie du commun : ‘La Santé est le premier de nos biens communs’. Il y a même des évêques qui viennent d’interdire aux personnes âgées de plus de 70 ans de participer aux enterrements. On enterre à la pelle, plus au goupillon ». 

Enfin, Philippe de Villiers explique son incompréhension de voir le plus célèbre sanctuaire marial français choisir le confinement : « Lourdes ferme ses portes. Il n’y a plus de miracle. On ferme la grotte, on éteint les cierges. On confine Bernadette. Renversement de perspective qui ne sera pas sans conséquence. Foin de la piété populaire et des cierges de supplication. Quand on entend les appels à de nouvelles vocations, je me dis par-devers moi : une Eglise qui ferme ses églises ne peut susciter qu’une sorte de vocation : la vocation de serrurier ». 

Et si le coronavirus sonnait en fait le glas de ce « culte de l’homme » prométhéen vers lequel tant d’hommes politiques et d’ecclésiastiques ont cru devoir se tourner depuis plusieurs décennies ?