Le culte de Xi Jinping et Mao s’invite dans plusieurs églises de Chine

10 Décembre, 2019
Provenance: fsspx.news

L’église de Ji'an, dans la province du Jiangxi (Chine), est emblématique de la mainmise du pouvoir communiste sur les catholiques chinois. De construction récente, grâce aux dons des fidèles, l’édifice a été profané pour devenir un lieu voué désormais, au culte des maîtres de Pékin. 

Le journal Bitter Winter, relayé le 29 novembre 2019 par l’agence Gaudium Press, a révélé les faits qui se sont produits à Ji’an, au début de l’automne : « fin septembre 2019, des responsables locaux ont ordonné à la paroisse d’ôter le nom de l’église figurant sur le panneau d’entrée, et d’y peindre à la place le slogan ‘Suivez le parti, obéissez-lui, soyez-lui reconnaissants’ ». 

Mais les autorités locales ne se sont pas simplement contentées d’intervenir à l'extérieur du lieu de culte. « Ce qui a le plus blessé les congrégations - rapporte Bitter Winter - c'est le retrait du tableau de la Vierge Marie avec l'Enfant Jésus dans ses bras, qui a ensuite été jeté dans un recoin sombre de l'église. A sa place, trône désormais un portrait du président Xi Jinping flanqué de slogans de propagande ». Enfin, les clés du bâtiment ont été saisies, afin décourager les fidèles souhaitant malgré tout prier dans l’église qu’ils avaient bâtie au prix de nombreux sacrifices. 

Un cas similaire a été recensé, toujours en septembre 2019, dans un lieu de réunion utilisé par les catholiques souterrains de la région de Poyang, dans la même province. Les autorités locales ont procédé au retrait d'une croix, d'une image de la Sainte Vierge et de banderoles religieuses ; installant de même des portraits du maître de Pékin et de Mao Zedong. 

Pour les fidèles du Jiangxi privés de leur église, et victimes d’une persécution aussi larvée que silencieuse, la situation est claire : « mieux vaut adorer Dieu chez soi plutôt que de rejoindre une communauté de fidèles sous le contrôle des autorités ». 

De plus, l’Etat intervient désormais directement dans les habitations privées : l’administration chinoise se rend dans les foyers pour enlever les croix et les images des saints, ordonnant de les remplacer par la seule divinité autorisée en Chine, le président Xi Jinping. En cas de résistance ou de refus, le bras séculier menace les récalcitrants de supprimer leurs allocations pour ménages pauvres ou les pensions de retraite, avec une rhétorique bien huilée : « Puisque vous recevez le soutien de Xi Jinping, vous devez accrochez son portrait. Il est numéro un en Chine ». 

L’accord passé entre la Chine et le Saint-Siège en septembre 2018 apparaît de plus en plus comme un marché de dupes : si tous les évêques sont désormais relevés de leurs censures et soumis en théorie à l’autorité du Saint-Père, la « sinisation » du christianisme s’accélère de façon dramatique, et la persécution prend une nouvelle ampleur.