Le document du Vatican sur la réforme des paroisses mal reçu en Allemagne

29 Juillet, 2020
Provenance: fsspx.news
La conférence des évêques d'Allemagne.

La congrégation du Clergé a publié le 20 juillet 2020 une instruction sur « La conversion pastorale de la communauté paroissiale au service de la mission évangélisatrice de l’Eglise ». Le texte a été reçu en Allemagne par un concert de reproches.

De nombreux évêques et théologiens allemands ont critiqué le document qu’ils jugent rétrograde. Parmi eux, les évêques Franz-Josef Bode d’Osnabrück, Peter Kohlgraf de Mayence et Franz-Josef Overbeck d’Essen. L’archevêque de Bamberg Ludwig Schick a déclaré quant à lui que l’instruction apportait « plus de mal que de bien » à l’Eglise et à son mandat missionnaire, et que le document romain était théologiquement déficient. 

Mgr Gebhard Fürst de Rottenburg-Stuttgart a annoncé qu’il s’en tiendrait au modèle diocésain pour confier des mandats aux laïcs. L’archevêque Stephan Burger a déclaré qu’il s’en tiendrait à la réforme paroissiale menée par l’archidiocèse de Fribourg. Mgr Franz Jung, de Wurtzbourg, déplore le manque d’approches novatrices tandis que l’évêque de Trêves, Mgr Stephan Ackermann, regrette que l’instruction limite la responsabilité personnelle des évêques et des diocèses. 

En revanche, le cardinal de Cologne, Rainer Maria Woelki, a fait l’éloge de l’instruction, de même que l’évêque d’Augsbourg, Bertram Meier, qui a reçu positivement le texte du Vatican. 

Une instruction à deux faces 

Dans la première partie, le document multiplie les citations du pape François déclarant l’urgence de repenser la paroisse pour mobiliser le Peuple de Dieu dans le projet d’évangélisation. Le texte accumule les analyses sur la transformation du tissu social, son éclatement, la perte des repères territoriaux, et la nécessité de s’adapter. 

La deuxième partie étudie l’apparat technique nécessaire à la refonte des paroisses. C’est elle qui est vivement critiquée par l’épiscopat allemand. Elle fait les rappels nécessaires quant aux différentes autorités dans l’Eglise et leurs pouvoirs, quant aux règles à respecter et aux détails canoniques de leur mise en œuvre. Elle ne prévoit aucune innovation pour les laïcs, à qui le nouveau droit confie déjà de nombreuses missions. 

Il n’y a guère à attendre de cette nouvelle instruction du Vatican, car ce qui manque depuis Vatican II, c’est un véritable esprit missionnaire, forgé dans une foi pure et intègre et animé d’une charité dévorante, loin des préoccupations œcuméniques stérilisantes et du dialogue interreligieux dévoyé. Ignorant de la foi surnaturelle, le peuple de Dieu ne saurait se mobiliser ni atteindre le moindre résultat. L’on ne donne que ce que l’on a. 

La réaction du cardinal Marx 

Le cardinal Reinhard Marx a appelé à une plus grande écoute mutuelle dans l’Eglise : « Il est un peu étrange qu’un document arrive de Rome sans avoir jamais été discuté avec nous. Est-ce cela la coexistence de l’Eglise universelle avec l’Eglise particulière telle qu’on la souhaite ? Pas vraiment ! », a-t-il déclaré vendredi 24 juillet dans la cathédrale de Munich. 

Et d’ajouter : « Il ne s’agit pas pour une personne de proclamer quelque chose et pour les autres de simplement suivre, mais de s’écouter les uns les autres, d’apprendre ensemble, d’absorber les expériences de l’Eglise locale – ce qui manque dans le document qui a été publié ces jours-ci. Comme si en Allemagne nous n’avions jamais pensé à des paroisses missionnaires ! » 

Le cardinal Marx a enfin salué l’impulsion donnée par le pape François pour une Eglise synodale, et rappelé que les membres du conseil de réforme de la Curie romaine, que le pape François a établie et dont lui-même fait partie, ont dit à plusieurs reprises « que la Curie n’est pas simplement un organe de contrôle sur les évêques, mais une aide à l’ensemble de l’Eglise, afin que l’Eglise reste ensemble ». 

Manifestement la congrégation du Clergé a manqué d’esprit synodal. Que l’on se rassure, le chemin synodal allemand continuera sa route et montrera la voie aux romains attardés.