Le grand bond génétique en avant

17 Janvier, 2019
Provenance: fsspx.news

Le magazine américain Science a décerné le titre de « Découverte de l’année 2018 » aux nouvelles technologies révélant la façon dont l'ADN envoie un signal à chacune des cellules afin que ces dernières exécutent leur activité propre et se développent à travers le temps. 

Selon les scientifiques, les avancées dues aux nouvelles technologies seraient en mesure de transformer la science au cours des prochaines décennies, en permettant de dresser un tableau de plus en plus précis des processus de vieillissement, de développement et de guérison des maladies, précise l’AFP le 20 décembre 2018, jour où Science a décerné son traditionnel titre de « Découverte de l’année ». 

« Tout comme une partition musicale indique quand les cordes, les cuivres, les percussions et les instruments à vent doivent jouer pour créer une symphonie, une association de plusieurs nouvelles technologies a révélé le moment précis où les gènes de chaque cellule s'activent pour donner à ces mêmes cellules le signal de jouer chacune son rôle particulier », explique le magazine scientifique. 

Les savants travaillent désormais sur la façon d'utiliser ces techniques sur des cellules humaines : afin d’étudier la façon dont elles vieillissent et se régénèrent, mais aussi pour comprendre enfin les altérations causant cancer, diabète ou autres malformations physiques. 

« La révolution unicellulaire ne fait que commencer », conclut l'article publié par l'Association américaine pour l'avancement de la science, l’une des plus importantes fédérations d’organisations scientifiques, éditrice de la revue Science. 

Place de la science 

Approfondir la connaissance du génome humain est en soi une bonne chose, mais le progrès scientifique, considéré comme un absolu et laissé à lui-même, sans règle ni fin, n’est pas moralement indifférent. Surtout lorsqu'il est mis au service d’un transhumanisme à la recherche de l’abolition utopique de la vieillesse, de la maladie et de la mort. 

Un récent colloque organisé par l’Institut universitaire Saint-Pie X a mis en lumière comment l’idéologie du progrès, en matière scientifique, conduit l’homme à déconnecter la raison humaine de la raison divine à l’œuvre dans la nature. Toute puissante et créatrice, sans finalité véritable ni béatitude éternelle à conquérir, la raison humaine se livre au progrès comme à une indétermination stérile en transformant le monde indéfiniment. 

A la lumière de la foi qui la régule de manière indirecte – elle a son objet propre – la science ne saurait jouer aux apprentis-sorciers et, sous prétexte de liberté de recherche et d’expérimentation, attenter à la nature humaine. 

L’homme en effet a été créé « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1, 26). Saint Basile de Césarée, commentant ce passage de la Bible, explique que l’homme a comme été introduit dans « l’atelier » de Dieu, lui donnant le pouvoir de connaître les merveilles de sa création. 

Mais ce pouvoir donné à l’homme ne saurait être aveugle, explique saint Basile : « en nous donnant la puissance de ressembler à Dieu, il a permis que nous soyons les artisans de la ressemblance à Dieu, afin que nous revienne la récompense de notre travail, afin que nous ne soyons pas comme ces portraits sortis de la main d’un peintre, des objets inertes, afin que le résultat de notre ressemblance ne tourne pas à la louange d’un autre ». 

Puissent les scientifiques du génome humain méditer ces sages paroles afin de tirer le meilleur des talents dont ils ont été gratifiés. En particulier, en reconnaissant que la destruction d’un embryon porteur d’un ADN qui programme une vie humaine, ne peut être la suppression d'un simple “amas de cellules”.