Le président français nie qu’un père puisse être « forcément un mâle »

07 Février, 2020
Provenance: fsspx.news

En reprenant à son compte l’irréelle distinction entre père « biologique » et père « symbolique », le chef de l’Etat français remet en cause la paternité, l’ordre naturel et le bon sens. 

Les mots ont-ils encore un sens ? A écouter le récit de l’échange entre la présidente des Associations familiales catholiques (Afc) et le chef de l’Etat, le 26 janvier 2020, il est permis d’en douter. 

Invitée selon ses termes « in extremis », trois jours avant l’anniversaire de la ratification de la convention internationale des droits de l’enfant, Pascale Morinière accepte de se rendre à l’Elysée, dubitative : « c’est quelque chose d’incohérent d’être invitée à un tel événement, alors que la même semaine a lieu le vote du Sénat sur l’article 1 de la nouvelle loi de bioéthique qui prive délibérément des enfants de père, et permet la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes seules et les couples de femmes », explique la présidente des Afc. 

Cette dernière rapporte l’« échange ‘abracadabrantesque’ » qui s’est déroulé, avec le chef de l’Etat, en présence de plusieurs témoins, durant la soirée. Selon Emmanuel Macron, la paternité se composerait de deux dimensions : le père « génétique » et le père « symbolique ». Quant au père « symbolique », il s’agirait pour le président d’une fonction pouvant être assumée par n’importe qui. 

L’échange prend alors un tour surréaliste : « votre problème - ne craint pas d’affirmer le président français - c’est que vous croyez qu’un père, c’est forcément un mâle ». Et d’appuyer son opinion sur l’avis de « l’ensemble des psychanalystes » consultés, selon lesquels il n’y aurait pas de « superposition » entre les hommes et les pères. Comprenne qui pourra. 

« Si nous n’avons plus les mêmes mots, comment pouvons-nous appartenir à une même société ? » réagit Pascale Morinière, interrogée par l’hebdomadaire Famille Chrétienne. 

Un souci de sémantique que ne semble pas non plus partager la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui déclarait le 24 septembre 2019 : « Un père, cela peut être une femme, évidemment. Cela peut être une altérité qui est trouvée ailleurs dans la famille. On le voit, cela peut être des oncles, […] une grand-mère. Je crois que les enfants ont besoin d’amour, tout nous démontre aujourd’hui que ce qui compte c’est la sérénité autour de l’enfant et cela, toutes les familles peuvent le garantir ». 

Mme Buzyn a sans doute oublié ses cours de pédiatrie et de psychologie clinique. Tout le corps médical reconnaît aujourd’hui que les fonctions paternelle et maternelle ne sont pas interchangeables. Et que de nombreux troubles constatés chez les enfants de divorcés s’expliquent de cette façon. Quant aux psychanalystes, il n’y a plus qu’en France où ils aient encore du crédit auprès du pouvoir. 

Comme la “famille” ne désigne plus rien de stable depuis que de multiples lois l’ont déconstruite, il ne faut pas s’étonner que les mots ne veuillent plus rien dire, pas plus que la parole politique, la cité, la civilisation et l’ordre du bien commun.