Le rite syro-malabare se réforme dans l’esprit de Vatican II

21 Février, 2020
Provenance: fsspx.news

Depuis plusieurs mois, la position du célébrant à la messe est devenue une pomme de discorde dans l’Eglise catholique de rite syro-malabare, qui, forte de trente diocèses en Inde, regroupe près de cinq millions de fidèles. 

Comme en Occident il y a un demi-siècle, prêtres et fidèles se divisent sur la question de savoir si la messe doit être célébrée « face au peuple », ou plutôt, comme le rite l’exige, versus orientem, vers l’orient où se lève l’astre du matin, qui symbolise la vigueur et l’éclat éternels du sacrifice rédempteur, duquel seul peut venir le salut du monde. 

Le synode extraordinaire de cette ancienne Eglise rattachée à Rome - dont la tradition fait remonter la fondation à l’apôtre saint Thomas - a tenu sa première session du 10 au 15 janvier 2020, au Mont Saint-Thomas, qui est à la fois son siège central, et celui de l’éparchie - ou archevêché - d’Ernakulam-Angalamy. 

La question liturgique a été largement à l’ordre du jour de la première session : quelques jours avant l’ouverture du synode, un prêtre du séminaire Mary Matha, Mgr Varghese Njaliath, s’est déclaré publiquement en faveur de la célébration face aux fidèles, au nom de « l’esprit du concile Vatican II ». 

D’ailleurs - comme ce fut le cas en Europe même avant le Concile - le diocèse d’Ernakulam voit depuis plusieurs années se multiplier les entorses à la liturgie, par des messes célébrées face aux fidèles, c’est-à-dire dos à Dieu. 

Le journal The Hindu, dans son édition du 16 janvier 2020, a fait état de la décision du synode de mettre en œuvre une « liturgie rénovée », qui « rentrera en vigueur dès l’approbation romaine ». 

Et comme le synode syro-malabare n’est pas à une contradiction près, c’est pour « garantir l’unité liturgique » que le vénérable usage de la messe célébrée versus orientem se trouverait ainsi relégué dans les brumes du passé. 

Fort de l’expérience des bouleversements opérés dans le rite romain, il convient de se demander comment l’unité pourrait provenir de rites réinventés voire fabriqués de toutes pièces, étrangers à la tradition liturgique, et par définition évolutifs. L’Eglise syro-malabare est en grand péril.