Le Vatican déclassifie ses archives secrètes en Uruguay

13 Janvier, 2020
Provenance: fsspx.news

Le ministère des Affaires étrangères uruguayen a annoncé, le 3 janvier 2020, que le Saint-Siège avait achevé de numériser ses archives secrètes concernant les personnes disparues en Uruguay entre 1968 et 1985, période pendant laquelle la junte militaire dirigeait le pays. 

Dans un communiqué officiel publié le 3 janvier 2020, le gouvernement de Montevideo explique que la publication des archives secrètes est le fruit de la décision commune du pape François et du président de la République uruguayenne, Tabaré Vazquez, qui avait été prise lors de leur rencontre au Vatican en décembre 2016. 

Les données numérisées peuvent désormais être consultées par des parents de personnes disparues, ainsi que par les membres de l’Eglise qui seraient concernés par ces disparitions. Il suffit d’adresser une demande motivée auprès du nonce apostolique en Uruguay. 

Considérée jusqu’aux années 1960 comme la « Suisse du continent américain », l’Uruguay avait connu une grave crise économique et politique, marquée par l’insurrection sanglante d’une guérilla marxiste, les Tupamaros. 

Face à cette guérilla qui multipliait les exactions en vue de déstabiliser le pays, le gouvernement légitime avait confié progressivement, à partir de 1971, le pouvoir aux militaires. Il considérait alors que seules les forces armées avaient la capacité de la juguler . 

Les jugements sur ces situations sont souvent difficiles à porter : se défendre contre un mouvement révolutionnaire est de soi légitime ; et la sorte de guerre civile qu’elle entraîne amène malheureusement souvent des réactions disproportionnées, mais compréhensibles. 

Les militaires furent ainsi accusés d’employer des méthodes parfois expéditives afin de mettre un terme à la subversion, selon le mandat du gouvernement. Entre 1971 et 1985, il y aurait eu entre 3 500 et 5 000 prisonniers politiques dans le pays, parmi lesquels de nombreuses disparitions qui n’ont pas été élucidées à ce jour. 

Espérons que cette initiative pourra apporter un peu de paix, sans condamner les forces ayant lutté légitimement contre la révolution.